Une vague de chaleur sans précédent a frappé l'Inde en juillet 2026, provoquant la mort de 30 000 personnes en seulement cinq jours, selon les autorités sanitaires indiennes. Ce bilan, rendu public le 18 juillet par le ministère de la Santé, illustre la vulnérabilité croissante du pays face aux phénomènes climatiques extrêmes exacerbés par le réchauffement planétaire.
Des températures records et une surmortalité massive
Du 13 au 17 juillet, les températures ont atteint 50 °C dans plusieurs États du nord et du centre de l'Inde, notamment au Rajasthan, en Uttar Pradesh et au Bihar. Les hôpitaux ont été submergés par l'afflux de patients souffrant de coups de chaleur, de déshydratation sévère et de défaillances d'organes. Le Dr. Priya Sharma, directrice de l'hôpital public de Jaipur, a déclaré : « Nous n'avions jamais vu cela. Les morgues étaient pleines, et nous avons dû utiliser des camions frigorifiques pour stocker les corps. »
Les populations pauvres et âgées les plus touchées
Les victimes sont majoritairement des travailleurs agricoles, des ouvriers du bâtiment et des personnes âgées vivant dans des logements sans climatisation. Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), cette canicule est la plus meurtrière jamais enregistrée en Asie du Sud. « La chaleur humide, combinée à une pollution atmosphérique élevée, a créé des conditions mortelles pour les organismes les plus fragiles », a expliqué le Dr. Rajendra Pachauri, climatologue à l'Université de Delhi.
Un système de santé sous pression et des mesures d'urgence
Le gouvernement indien a déployé des mesures d'urgence, notamment l'ouverture de centres de refroidissement, la distribution gratuite d'eau et l'extension des horaires de travail pour éviter les heures les plus chaudes. Cependant, ces actions sont jugées insuffisantes par les ONG. « Le système de santé publique est sous-financé et incapable de faire face à de telles crises récurrentes », a dénoncé Amrita Singh, porte-parole de Médecins Sans Frontières en Inde.
Un coût économique et social colossal
Au-delà du bilan humain, la canicule a perturbé les récoltes, aggravé les pénuries d'eau et entraîné des coupures d'électricité massives. Les pertes économiques sont estimées à plusieurs milliards de dollars. Les experts appellent à une adaptation urgente des infrastructures et à une réduction des émissions de gaz à effet de serre pour limiter la fréquence et l'intensité de ces événements.
Le changement climatique en cause
Les climatologues attribuent directement cette canicule au réchauffement climatique. « Sans l'augmentation de 1,2 °C de la température mondiale depuis l'ère préindustrielle, une telle vague de chaleur aurait été extrêmement improbable », a affirmé le Dr. Friederike Otto, codirectrice du World Weather Attribution. L'Inde, pays le plus peuplé du monde, est particulièrement exposé aux impacts du changement climatique, avec des épisodes de chaleur extrême devenus plus fréquents et plus longs.



