Chaque été, le golfe du Saint-Laurent devient le refuge de nombreux grands requins blancs, attirés par l'abondance de phoques. Selon une étude de l'Université Dalhousie publiée dans la revue Marine Ecology Progress Series, le nombre de ces prédateurs a augmenté de 40 % en dix ans dans cette région.
Une migration saisonnière bien établie
Les chercheurs ont équipé 80 grands requins blancs de balises satellite entre 2014 et 2024. Les données montrent que les requins arrivent dès le mois de juin et repartent en octobre. « Le golfe du Saint-Laurent est devenu une destination estivale majeure pour cette espèce », explique le Dr. Heather Bowlby, co-auteure de l'étude.
Les requins blancs se concentrent principalement autour des îles de la Madeleine et de la péninsule gaspésienne, où les colonies de phoques sont nombreuses. « Les phoques représentent 70 % de leur alimentation en été », précise Bowlby.
Une adaptation au réchauffement climatique
Cette migration est également liée à l'augmentation de la température de l'eau. Le golfe du Saint-Laurent s'est réchauffé de 2 °C en moyenne depuis 1980, rendant les eaux plus accueillantes pour les requins blancs. « Le changement climatique modifie la répartition des espèces marines », souligne le rapport.
Les scientifiques notent que les requins blancs restent plus longtemps et explorent de nouvelles zones. En 2023, un spécimen a été repéré jusqu'à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, près de Tadoussac.
Des implications pour la sécurité et la conservation
Cette présence accrue inquiète les autorités locales. Depuis 2020, trois incidents impliquant des requins blancs ont été signalés, dont une attaque mortelle en 2022. « Nous devons adapter nos mesures de prévention », déclare la ministre des Pêches et Océans Canada, Diane Lebouthillier.
Par ailleurs, les requins blancs sont une espèce menacée. Leur protection est cruciale. « Leur retour dans le golfe est un signe de santé de l'écosystème, mais il faut concilier sécurité et conservation », conclut Bowlby.



