La Ville de Paris a annoncé son intention de doubler la taxe sur les logements vacants, une mesure qui vise à remettre 20 000 biens sur le marché locatif. Cette décision, prise en conseil municipal, s'inscrit dans le cadre de la lutte contre la crise du logement qui touche la capitale.
Un doublement progressif de la taxe
Actuellement, la taxe annuelle sur les logements vacants est de 17 % la première année et de 34 % les années suivantes. Avec le nouveau dispositif, elle passera à 34 % dès la première année de vacance, puis à 68 % à partir de la deuxième année. Cette hausse concerne les logements vacants depuis au moins un an, situés dans les zones tendues.
Selon la mairie de Paris, cette mesure devrait inciter les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché, que ce soit en location ou en vente. L'objectif affiché est de faire revenir 20 000 logements vacants dans le parc locatif parisien d'ici 2026.
Un contexte de pénurie de logements
Paris connaît une grave crise du logement, avec des prix élevés et une offre insuffisante. Selon les données de l'Insee, la capitale compte environ 100 000 logements vacants, soit près de 10 % du parc total. Cette situation aggrave les difficultés des ménages à se loger, en particulier les plus modestes.
La maire de Paris, Anne Hidalgo, a déclaré : "Il est intolérable que des logements restent vides alors que des milliers de Parisiens cherchent un toit. Cette taxe dissuasive est un outil nécessaire pour libérer des logements."
Des critiques et des attentes
Certains élus d'opposition ont critiqué cette mesure, estimant qu'elle pourrait pénaliser les propriétaires qui ont des difficultés à louer leur bien pour des raisons techniques ou juridiques. D'autres soulignent que la taxe ne résoudra pas le problème de fond, à savoir le manque de logements sociaux et l'envolée des prix.
L'association de défense des propriétaires, l'UNPI, a réagi en affirmant que "cette taxe est contre-productive : elle risque de décourager les propriétaires de réaliser des travaux de rénovation, ce qui pourrait aggraver la vacance."
Un impact attendu sur le marché locatif
La mairie de Paris espère que cette mesure, combinée à d'autres actions (encadrement des loyers, construction de logements sociaux), permettra de réduire la tension sur le marché locatif. Selon une étude de l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur), le doublement de la taxe pourrait libérer entre 10 000 et 20 000 logements sur trois ans.
La mise en œuvre de cette taxe renforcée nécessite une validation préfectorale. Si elle est approuvée, elle s'appliquera à compter de 2027. La ville de Paris prévoit également d'étendre le périmètre des zones concernées, notamment dans les arrondissements périphériques.



