Ce samedi 1er août, les habitants de plusieurs communes du Var ont été contraints à une nouvelle évacuation face à l'incendie qui progresse dans le département. Alors que les sirènes ont retenti en début d'après-midi, des familles entières ont dû quitter précipitamment leurs maisons dans le massif des Maures, l'un des principaux foyers de feux de forêt de la région. Les véhicules se sont alignés sur les routes, dans une atmosphère tendue, tandis que les pompiers tentaient de contenir les flammes.
« On est toujours sur le qui-vive »
« On est toujours sur le qui-vive », témoigne un habitant de la zone évacuée, rencontré sur un point de regroupement. « Chaque été, on espère que ça n'arrivera pas, mais on sait que c'est de plus en plus fréquent. On a à peine le temps de rassembler quelques affaires que l'ordre tombe. » Son épouse ajoute : « On a déjà vécu ça en 2021 et 2022. On croyait avoir la chance d'y échapper cette fois. C'est épuisant. »
Cette nouvelle évacuation intervient après plusieurs jours de lutte contre les flammes. Les habitants décrivent une atmosphère de hantise, rythmée par les alertes sur les téléphones portables. « On ne dort plus vraiment, on a l'oreille attentive au moindre bruit », confie un autre résident, assis sur un banc près du gymnase où il a trouvé refuge.
Une répétition qui épuise les habitants
Dans les centres d'hébergement ouverts à la hâte, les visages sont marqués par la fatigue. Selon le dernier bilan de la préfecture du Var, plus de 1 200 personnes ont été évacuées et prises en charge. Beaucoup d'entre elles avaient déjà connu des départs forcés au début de l'été. « On a à peine réinvesti les lieux qu'on doit repartir. On vit dans des valises », explique une résidente de la commune, les larmes aux yeux.
Les services de la préfecture précisent que des centres d'accueil ont été installés dans les villes voisines, notamment à Le Luc et au Cannet-des-Maures. La Croix-Rouge et les équipes municipales distribuent des repas et des lits de camp. Mais la peur reste vive, d'autant que les prévisions météorologiques annoncent une nouvelle journée chaude et venteuse pour dimanche, avec un risque accru de reprise du feu.
Plus de 800 pompiers mobilisés
Pour faire face aux flammes, les sapeurs-pompiers du Var ont reçu des renforts venus de toute la région. Selon la préfecture, plus de 800 pompiers sont mobilisés, appuyés par des avions bombardiers d'eau et des hélicoptères. Les moyens aériens ont effectué de nombreuses rotations dans la journée, larguant des tonnes d'eau sur les zones les plus actives. Des canadairs sont venus en renfort depuis la base de Marignane.
Le commandant des opérations de secours a indiqué que le feu avait déjà parcouru plus de 300 hectares de végétation, sans faire de victime pour le moment. Les habitations sont protégées par des lances à incendie, mais la vigilance reste de mise. « La priorité est la protection des personnes et des biens », a-t-il souligné. Les routes départementales ont été coupées dans plusieurs secteurs, et des déviations mises en place.
Un été placé sous haute surveillance
Le Var, déjà durement touché par les incendies ces dernières années, connaît une sécheresse persistante. Les experts pointent le changement climatique comme facteur aggravant. Selon un climatologue interrogé, « les épisodes de feux extrêmes vont devenir plus fréquents dans le sud de la France ». Les restrictions d'usage de l'eau et les interdictions de brûlage sont en vigueur dans de nombreuses zones du département.
Pour les habitants, l'angoisse ne retombe pas. Beaucoup restent près de leur téléphone, guettant les messages d'alerte. « On sait que ça peut revenir à tout moment », confie un père de famille en serrant son sac de documents importants. « On prépare déjà une petite valise pour ne pas perdre de temps. » Un sentiment partagé par la plupart des évacués, qui attendent désormais le feu vert des autorités pour rejoindre leur domicile, en espérant que cette fois, la maison sera toujours debout.



