6 000 hectares parcourus, 1 500 pompiers engagés et un incendie toujours non fixé : dans le Var, la journée de ce 1er août 2026 s'annonce particulièrement délicate. Le contrôleur général Éric Grohin, directeur départemental du SDIS 83, a présenté un point de situation aux côtés du préfet, insistant sur la nécessité de sécuriser les quartiers menacés et d'établir des verrous contre la progression des flammes.
Une mobilisation massive des secours
Plus de 1 500 sapeurs-pompiers sont actuellement engagés sur le sinistre, renforcés par de nombreuses colonnes de secours arrivées la veille et dans la matinée. Cette mobilisation exceptionnelle vise à protéger en priorité les habitations exposées et les villages isolés, dont certains restent temporairement inaccessibles.
Les équipes au sol concentrent leurs efforts sur trois objectifs : sécuriser les quartiers menacés, rouvrir les routes fermées pour permettre aux habitants de circuler, et surtout établir des points de blocage stratégiques. Ces « verrous » s'appuient sur une connaissance fine des couloirs de feu observés lors des incendies précédents dans ce secteur du Var. Ils doivent empêcher toute reprise incontrôlable et protéger les zones encore épargnées.
Des conditions météorologiques défavorables
Le contrôleur général n'a pas caché la difficulté de la journée. « C'est une journée, on ne le cache pas, qui va être une journée compliquée, difficile », a-t-il reconnu, soulignant le niveau très bas de l'hygrométrie qui assèche la végétation et favorise la propagation des flammes.
Par ailleurs, plusieurs autres départs de feu se sont produits dans le département au cours de la matinée. Grâce aux moyens déployés à la base, ces départs ont pu être maîtrisés en une quinzaine de minutes chacun. Des interventions qui passent inaperçues, mais qui témoignent de la tension permanente régnant sur l'ensemble du territoire varois.
Des verrous en attente face aux flammes
Les hommes et les femmes mobilisés depuis la nuit poursuivent leur travail sans relâche. Le directeur du SDIS 83 a décrit une situation tactique particulière : « Certains véhicules restent stationnés sur les routes, tuyaux non éteints, en attente que le feu redescende vers les fameuses lignes de blocage, jugées indispensables pour éviter toute reprise incontrôlable ».
Ces lignes de défense sont installées sur des secteurs où le passage du feu est historiquement connu. Les équipes attendent que les flammes rejoignent ces zones pour agir plus efficacement, mais le comportement du feu reste incertain. Un décompte complet des dégâts est en cours, la distinction entre zones brûlées et zones seulement impactées restant l'exercice le plus délicat pour les autorités.
Évacuations préventives et habitations touchées
La préfecture du Var a ordonné l'évacuation par précaution de l'ensemble des quartiers exposés à un risque à court, moyen ou long terme. Cette décision concerne en particulier les zones où les conditions de sécurité ne sont pas réunies, que ce soit en raison de l'état de la végétation, d'un débroussaillement insuffisant ou d'un accès difficile pour les secours.
« Nous préférons évacuer pour la sécurité de la population », a résumé le contrôleur général, justifiant ces mesures préventives. La priorité absolue reste la protection des vies humaines, avant celle des biens.
Un feu toujours non fixé
En ce début d'après-midi, la superficie brûlée est estimée à environ 6 000 hectares. Si peu de reprises ont été constatées dans la matinée, le sinistre continue de progresser et n'est en aucun cas maîtrisé. « On n'est pas du tout sur un feu fixé […] on a des flammes sur ce feu », a insisté le directeur du SDIS 83, précisant que certaines flammes sont situées dans des zones inaccessibles, ce qui rend le travail des pompiers particulièrement compliqué.
Les moyens aériens et terrestres restent pleinement mobilisés, mais la configuration du terrain et la dispersion des foyers actifs ne permettent pas encore d'envisager une stabilisation rapide de la situation.
Une soirée sous surveillance
La fin de journée sera décisive. « C'est une période de 18 heures à 20 heures qui va être compliquée parce que le vent va devenir de plus en plus important », a averti le contrôleur général Grohin. Cette fenêtre météorologique critique, combinée à la chaleur accumulée, pourrait favoriser de nouvelles reprises de feu, justifiant une vigilance accrue des services de secours.
Du côté de la direction du vent, un changement est anticipé : après un flux orienté plutôt Sud-Ouest, un vent de Nord-Ouest pourrait s'installer, sans exclure une alternance entre les deux orientations. Cette variabilité rend les prévisions plus difficiles et oblige les pompiers à adapter en permanence leur dispositif.
La soirée s'annonce donc sous haute tension dans le Var, où les habitants et les secours retiennent leur souffle face à un incendie qui n'a pas dit son dernier mot.



