Népal : au moins 165 morts et plus de mille disparus après une crue dévastatrice
Népal : 165 morts et plus de mille disparus après une crue

Au moins 165 personnes sont mortes et plus d'un millier sont portées disparues, dont des centaines de touristes étrangers, après une crue dévastatrice survenue mercredi à la frontière entre le Népal et le Tibet. Les secours multiplient les efforts jeudi matin pour retrouver les disparus, alors que des villages entiers ont été « rayés de la carte ».

Un bilan qui ne cesse de s'alourdir

Les autorités népalaises ont indiqué mercredi avoir récupéré 162 corps, tandis que la Chine a fait état de trois personnes décédées, portant le bilan total à au moins 165 morts. Selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS), la crue a été provoquée par un effondrement de glacier d'une violence telle qu'il a provoqué un séisme de magnitude 5,2 et des glissements de terrain.

Dans un premier temps, les médias d'État chinois ont évoqué un glissement de terrain du côté tibétain de la frontière, près du poste-frontière de Gyirong situé à 1 800 mètres d'altitude, avec 3 morts et 265 disparus. Puis le Népal a à son tour été touché, la crue balayant la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l'est de la capitale.

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Des centaines de touristes étrangers portés disparus

Nombre des personnes disparues sont des touristes étrangers. En Chine, 558 personnes sont portées disparues, dont 260 étrangers. Au Népal, 468 touristes, dont 393 étrangers, n'ont pas été retrouvés, selon le ministère népalais du Tourisme, les autorités népalaises n'ayant pas fourni de chiffres pour d'éventuels habitants népalais disparus.

Parmi les ressortissants étrangers figurent 142 Indiens, ainsi que des Britanniques, des Malaisiens, des Australiens, des Néerlandais, des Américains, des Portugais, des Sud-Africains, des Sud-Coréens et des Ukrainiens, selon l'office du tourisme népalais. L'Australie a fait état de 34 ressortissants disparus, le Japon de cinq, l'Ukraine de 53 disparus et la Corée du Sud de neuf.

Des images saisissantes et des opérations de sauvetage massives

Dans une vidéo de surveillance vérifiée par l'AFP, un bâtiment imposant de plusieurs étages ainsi que des personnes qui tentent de fuir sont soudainement engloutis par un torrent très puissant. Une autre vidéo, également authentifiée, montre une vague gigantesque, comparable à un tsunami, s'abattre sur un parking en surplomb d'une rivière paisible quelques instants plus tôt, balayant des autocars et un bâtiment avec une force dévastatrice.

Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a appelé mercredi la nation himalayenne à « rester unie ». « L'État est à vos côtés avec tous ses moyens et ressources », a-t-il assuré. Côté chinois, la télévision publique CCTV a montré des eaux tumultueuses charriant des branches et des débris, ainsi qu'une route inondée. Près de 800 secouristes et 150 véhicules ainsi que des chiens renifleurs et des vedettes ont été déployés pour participer aux opérations de sauvetage, selon l'agence officielle Chine nouvelle.

Mobilisation politique et craintes de nouvelles crues

Fait rare, le président chinois Xi Jinping s'est exprimé peu après la catastrophe, soulignant que « la priorité absolue est la mobilisation de tous les moyens pour rechercher et secourir les personnes disparues, évacuer et reloger les habitants en danger, soigner rapidement les blessés et réduire au maximum le nombre de victimes ». Côté népalais, les forces de l'ordre poursuivent les évacuations des familles vivant dans les zones inondables et les secouristes continuent de rechercher des survivants au milieu de la boue et des débris, après que des torrents d'eau boueuse ont enseveli les étages inférieurs de bâtiments de plusieurs niveaux.

« Des villages entiers et des marchés ont été rayés de la carte », a déclaré David Fisher, responsable au Népal de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). L'organisation a indiqué acheminer du matériel d'urgence, notamment des couvertures, des trousses de premiers secours, des brancards et des housses mortuaires.

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Selon le ministre népalais des Affaires étrangères, Shishir Khanal, le cours d'une rivière pourrait avoir été obstrué avant de se libérer brutalement, entraînant une soudaine et puissante montée des eaux en aval. Selon l'Autorité nationale de réduction et de gestion des risques de catastrophe, des données satellitaires de Planet Labs laissent penser qu'un « glissement de neige et de roches » à la frontière sino-népalaise pourrait avoir déclenché la crue.

Les habitants sont traumatisés par cette catastrophe tandis que des experts ont averti qu'une obstruction persistante du cours d'eau pourrait déclencher un nouveau torrent dévastateur. « J'ai reçu un appel de mon beau-frère ce matin. Ils pleuraient et m'ont dit que leur maison avait été entièrement emportée par les eaux. Trois membres de la famille ont été secourus, mais son frère est toujours porté disparu », a raconté Raju Bhadel, 56 ans. L'armée népalaise mène des opérations aériennes tandis que les habitants des zones situées le long de la rivière ont été appelés à évacuer.

Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson d'été (juin-septembre) au Népal, au Tibet et dans toute l'Asie du Sud. En juillet 2025, 17 personnes avaient disparu après un glissement de terrain près de Gyirong, avait rapporté Chine nouvelle à l'époque. Selon les scientifiques, le changement climatique accroît l'intensité et la fréquence de tels événements.