François Hollande, dans un livre-programme et un entretien au Point publié mercredi 26 août 2026, propose de fixer l’âge légal de départ à la retraite à 63 ans puis d’allonger progressivement la durée de cotisation, à rebours de la volonté socialiste de revenir à 62 ans.
Un âge pivot corrigé en permanence
« Le dossier des retraites reviendra inéluctablement sur la table », écrit l’ancien président socialiste dans « Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche », à paraître le 3 septembre aux éditions Robert Laffont. Tout en privilégiant « l’allongement de la durée de cotisation au report de l’âge légal », comme il l’a fait durant son quinquennat élyséen (2012-2017), celui qui décidera « en décembre » d’une éventuelle candidature estime désormais que « l’âge pivot doit tenir compte de l’allongement de l’espérance de vie et être corrigé en permanence », selon des extraits publiés par l’hebdomadaire.
Concrètement, précise-t-il par ailleurs dans l’entretien, « au 1er janvier 2028, l’âge légal sera aux alentours de 63 ans », point de départ pour un relèvement des « durées de cotisation au fur et à mesure de l’évolution de l’espérance de vie », « à travers un mécanisme d’ajustement à la main des partenaires sociaux ». François Hollande a combattu le report à 64 ans de l’âge de la retraite voulu par son successeur Emmanuel Macron, et suspendu cette année dans le cadre d’un compromis avec le PS.
Limiter l’indexation des pensions et ajouter une part de capitalisation
Le député de Corrèze veut aussi « limiter à 1 % pendant cinq ans l’indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d’un an de l’âge de départ », et « ajouter une part de capitalisation » contrôlée par les partenaires sociaux.
Défendant la « politique de l’offre » mise en place sous sa présidence, l’ancien chef de l’État propose par ailleurs de « rapprocher le salaire net du brut » en baissant les cotisations salariales. La mesure serait « financée par une contribution qui toucherait une partie des grosses successions » et par une hausse du taux normal de la TVA, qui passerait progressivement de 20 % à 24 %. Mais « sur l’énergie, y compris les carburants, et les produits de première nécessité, notamment alimentaires, le taux réduit de TVA à 5,5 % serait ramené à 0 % ».
Une candidature conditionnelle et un refus de la primaire
François Hollande, qui refuse de participer à la primaire du Parti socialiste en octobre, contrairement à un autre social-démocrate, Raphaël Glucksmann, explique qu’il se présentera si à la fin de l’année « la situation l’exige », qu’il a « la conviction […] qu’un rassemblement est possible » sous sa bannière. « Si, en revanche, une candidature proche de ma sensibilité s’est imposée avec une perspective de victoire, pourquoi viendrais-je troubler la donne ? », interroge-t-il, tout en disant en vouloir « la démonstration ».
L’ex-président, qui multiplie les propositions en matière d’immigration ou d’écologie, affirme aussi qu’« aucune alliance » n’est plus « possible » avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.



