Édouard Philippe détaille son programme pour l'emploi et la santé
Philippe détaille son programme pour l'emploi et la santé

Édouard Philippe, candidat à l'élection présidentielle de 2027, a exposé ses mesures phares en matière de travail lors d'un entretien avec l'AFP, avant le débat organisé par le Medef ce jeudi 27 août. Il propose notamment de ramener à 12 mois la durée d'indemnisation du chômage pour les demandeurs d'emploi de moins de 50 ans, et de durcir les conditions des arrêts maladie de courte durée.

Une réforme de l'assurance chômage inspirée de l'Allemagne

« Sur l'assurance chômage, ma direction c'est de faire comme l'Allemagne. Douze mois d'indemnisation maximum pour les moins de 50 ans », a déclaré l'ancien Premier ministre. Actuellement, la durée maximale d'indemnisation est de 18 mois pour les moins de 55 ans. Cette durée doit être portée à 15 mois en cas de rupture conventionnelle à partir du 1er septembre 2026, selon une nouvelle réforme.

Cette proposition s'inscrit dans une volonté de durcir les règles du marché du travail, alors que le pays connaît un mouvement important de transmission d'entreprises. Le candidat a également insisté sur la nécessité de préserver le pacte Dutreil pour la transmission des entreprises familiales.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Mettre fin à « l'open bar des arrêts de travail »

Édouard Philippe a fustigé « l'évolution actuelle des arrêts de travail liés à la maladie, c'est, en valeur, une augmentation de presque 40 % entre 2019 et 2025 ». Il a qualifié cette hausse de « dérive préoccupante », non seulement pour les comptes publics – « de l'ordre de 17 milliards d'euros (annuels) » – mais aussi « pour l'activité des entreprises et des administrations » et « pour l'ambiance au travail ».

Pour y remédier, il propose de s'inspirer de l'Espagne : « En Espagne, on indemnise mieux les congés longs. En revanche on est plus dur avec les congés courts. On peut s'inspirer de cette logique et par exemple renforcer les journées de carence d'ordre public ». Concrètement, « le premier jour, les deux premiers jours ne seront pas indemnisés lorsque c'est un arrêt ponctuel ».

Lutter contre le « chantage à l'arrêt maladie » et soutenir les entreprises

Le candidat préconise également de « lutter contre le phénomène de chantage à l'arrêt maladie en créant une période incompressible » de « trois, cinq ou six mois » entre l'arrêt maladie et la rupture conventionnelle. Cette mesure vise à empêcher les abus.

Enfin, Édouard Philippe a adressé un message aux entreprises : « il faut arrêter à intervalles réguliers de remettre en cause l'existence du pacte Dutreil » pour la transmission des entreprises familiales. Ce dispositif « a un immense mérite : l'ensemble des entreprises qui ont un capital familial savent que tant qu'il existe, il n'y a pas trop à se poser de questions sur la façon dont on va pouvoir passer l'entreprise à la génération d'après », a-t-il argumenté. Il a jugé « extrêmement important d'envoyer ce signal aux entrepreneurs à la veille d'un immense mouvement de transmission à l'échelle du pays ».

Le candidat participera ce jeudi après-midi au débat organisé par le Medef, aux côtés de six autres candidats, dont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Ces propositions seront au cœur des échanges avec les représentants du patronat.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale