Alors que la France fait face à une saison des feux de forêt particulièrement précoce et intense, le député LFI Éric Coquerel a lancé un appel pressant au gouvernement : il est impératif de lancer les commandes de matériel de lutte contre les incendies sans attendre le début de l'année prochaine. Dans une interview accordée à Libération, le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale a souligné l'urgence d'agir face à des mégafeux qui menacent plusieurs régions.
Une urgence climatique et matérielle
« On ne peut pas attendre janvier pour lancer des commandes », a déclaré Éric Coquerel, faisant référence aux délais de production et de livraison des équipements nécessaires. Selon lui, la France doit se préparer à des étés de plus en plus secs et à des incendies d'une ampleur inédite. Les récents feux dans le sud du pays ont montré les limites des moyens actuels, tant en termes de bombardiers d'eau que de véhicules de secours.
Des moyens insuffisants face à l'ampleur des feux
Cette saison, plus de 20 000 hectares ont déjà brûlé, un chiffre en forte hausse par rapport aux années précédentes. Les pompiers, bien que mobilisés, peinent à faire face à des feux qui se multiplient et gagnent en intensité. Coquerel insiste sur la nécessité de renforcer la flotte aérienne et terrestre, mais aussi de moderniser les équipements de protection des personnels.
Un appel à la responsabilité budgétaire
Le député, qui préside la commission des Finances, rappelle que le budget alloué à la protection civile doit être à la hauteur des enjeux. Il propose notamment de débloquer des crédits exceptionnels dès cet été, plutôt que d'attendre la loi de finances pour 2026. « Chaque semaine de retard coûte cher en vies humaines et en dommages environnementaux », a-t-il ajouté.
Une coordination européenne nécessaire
Au-delà des frontières nationales, Éric Coquerel plaide pour une meilleure coordination au niveau européen. Les mécanismes de solidarité existants, comme le mécanisme de protection civile de l'UE, doivent être renforcés pour permettre des déploiements rapides de moyens en cas de crise majeure. Il cite l'exemple des incendies en Grèce et en Espagne, où l'entraide a été cruciale.
Des solutions concrètes à court terme
Parmi les mesures immédiates, il suggère de pré-positionner des moyens aériens dans les zones les plus vulnérables, de recruter des saisonniers pour épauler les pompiers volontaires, et de mettre en place des campagnes de prévention plus efficaces. Il insiste également sur l'importance de la recherche pour développer de nouvelles techniques de lutte, comme l'utilisation de drones ou de capteurs.
Le coût de l'inaction
Selon une étude récente, le coût des incendies de forêt en France s'élève à plusieurs centaines de millions d'euros par an, sans compter les pertes écologiques irréversibles. Coquerel avertit que ces coûts ne feront qu'augmenter si des mesures structurelles ne sont pas prises rapidement. Il appelle donc à un « plan Marshall » pour la protection de la forêt française.
Une opposition constructive
Bien que critique envers la gestion gouvernementale, le député se dit prêt à travailler de manière transpartisane pour trouver des solutions. Il rappelle que la lutte contre les mégafeux est un enjeu qui dépasse les clivages politiques et doit mobiliser l'ensemble de la société.



