Le projet très attendu de salle polyvalente à Fontan, dans la vallée de la Roya, a failli ne jamais voir le jour. En cause, le plan de prévention du risque inondation (PPRI) qui classait initialement la zone en rouge, interdisant toute construction. Grâce à un dialogue soutenu entre la mairie et les services de l'État, la zone est finalement passée en bleu, synonyme de risque modéré, permettant au projet de redémarrer. La livraison est espérée pour fin 2028.
Un projet bloqué par le PPRI
Le chantier, prévu au niveau de l'ancien restaurant/bar des Platanes, devait être financé à moitié par la Mission interministérielle à la reconstruction des vallées (Mirv). Il s'agissait de réaliser une construction attenante au bâtiment existant, comprenant une salle des fêtes dimensionnée pour un peu plus de 80 places assises ou 150 personnes debout. Dans le bâti originel, sont prévus une boutique éphémère, un espace de coworking et une cuisine, reliés par un sas.
« Comme le plan de prévention du risque inondation (PPRI) va sortir, on a demandé à la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de nous fournir la fiche concernant cet espace. Mais lors d'une réunion organisée avec eux mi-août, nous avons découvert que tout était en noir ! », retrace le maire, Philippe Oudot. Autrement dit, impossible de construire ou de rénover quoi que ce soit.
Un dialogue constructif avec l'État
Face à cette situation, les échanges ont d'abord été houleux. Mais la mairie a décidé de prouver la réalité du terrain. « Nous les avons emmenés sur le terrain, et leur avons montré un dossier avec les photos de l'après tempête pour qu'ils puissent voir tout ce qu'on avait fait. Ils craignaient le vallon sec, qui est sorti pendant la tempête. Mais le bâtiment, lui, n'avait pas été touché. Et on a pu le prouver », souligne le maire. Les services de l'État ont alors promis de rediscuter du dossier avec le bureau d'études.
La bonne nouvelle est tombée la semaine dernière : la zone concernée est finalement passée en bleu. Comme l'a confirmé au maire la préfète Nice-Montagne, Amel Tir, le 18 septembre 2026. « La moitié de la maison reste en rouge mais ce n'est pas un problème, nous n'avons pas prévu d'y toucher », complète Philippe Oudot, qui évoque un réel soulagement. « Les services de l'État ont vraiment joué le jeu, ils ont été super. Ils vont être associés tout le long du projet », commente-t-il.
Un financement bouclé et un calendrier précis
La municipalité lancera le marché pour choisir l'architecte dans les prochains jours, avec l'objectif de déposer le permis de construire début 2027. Le coût total de l'opération est estimé à 1,6 million d'euros, une première estimation qui pourra évoluer. « Il est prévu que ce soit financé à 50 % par l'État dans le cadre de la Mirv, et nous avons demandé au Département qu'il nous aide à hauteur de 30 % », indique le maire. Le reste à charge pour la commune serait de 300 000 euros, financé par un emprunt, une première depuis des années.
Sur la page Facebook de la mairie, Philippe Oudot rappelle combien cette salle, qui pourra être mise à disposition des habitants et des associations, sera bien plus qu'un bâtiment : « Elle sera un véritable lieu de vie, de rencontres, de manifestations et de convivialité pour Fontan et ses hameaux de Berghe. »
Une taxe sur les locaux vacants en préparation
En conseil municipal, le 21 septembre 2026, la municipalité a approuvé le principe de mettre en place une taxe sur la vacance des locaux d'habitation. Le taux sera fixé lors du vote du prochain budget. « Il y a pas mal de biens vacants dans le village. Le problème, c'est qu'on a des demandes de location mais qu'on ne trouve plus rien. Et dans le foncier de la commune, tout est occupé », justifie Philippe Oudot. La mesure vise à inciter à rénover ou à mettre en vente les logements vacants.



