La nuit a été favorable aux pompiers en Gironde. La préfecture a constaté une baisse des températures et un taux d’humidité élevé, des conditions qui ont permis de maintenir le mégafeu de 42.000 hectares « contenu dans son périmètre malgré des secteurs actifs persistants ». Si la situation est jugée « stable », des points chauds subsistent à l’entrée de la presqu’île du Cap Ferret à Claouey, sur la commune de Lanton, sur le bassin d’Arcachon, ainsi que sur les communes du Porge et de Lacanau plus au nord. Ces zones restent sous surveillance, les pompiers s’affairant à noyer les dernières braises.
Une première journée « un peu optimiste » pour la préfète
La préfète de Gironde, Sophie Brocas, a estimé que la journée de jeudi avait été la première « un peu optimiste » depuis le déclenchement du mégafeu le 22 juillet. « On a l’impression qu’on est en train de revenir sur le chemin d’une vie normale et que les choses commencent à s’améliorer nettement », a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse. Malgré cette embellie, la sécheresse reste un facteur de risque majeur, comme l’a rappelé le ministre de l’Intérieur. Les autorités insistent sur la nécessité de maintenir les restrictions d’accès aux massifs forestiers.
Le retour des évacués s’accélère
Les autorités ont autorisé jeudi matin le retour de 84.000 habitants supplémentaires. Depuis le début de l’incendie, plus de la moitié des 224.000 personnes évacuées à titre préventif ont ainsi pu regagner leur logement. Ce retour progressif se fait commune par commune, à mesure que les zones sont sécurisées. C’est un signe tangible de l’amélioration de la situation sur le front. Les habitants retrouvent peu à peu une vie normale, même si certains quartiers restent interdits d’accès.
Biscarrosse : le feu est « maîtrisé »
Dans les Landes, le préfet Gilles Clavreul a annoncé jeudi soir que l’incendie qui s’est déclaré il y a une semaine près de Biscarrosse était désormais « maîtrisé ». « Tous les quartiers vont rouvrir, la circulation va être rétablie », a-t-il déclaré lors d’un point presse. Cet incendie, qui s’est propagé en parallèle du mégafeu de Gironde, a parcouru près de 3.600 hectares et conduit à l’évacuation préventive d’environ 30.000 habitants. Les habitants peuvent désormais rentrer chez eux, et les axes routiers rouvrent progressivement, même si des opérations de surveillance se poursuivent.
« Le pire est derrière nous », mais la vigilance s’impose
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a estimé jeudi sur BFMTV que « le pire est derrière nous ». Il a toutefois appelé à rester « très vigilants », précisant que les autorités ne baissaient « pas la garde ». Depuis le début de la saison, plus de 14.000 départs de feu ont été recensés en France et près de 117.000 hectares ont été détruits, des chiffres qui rappellent l’ampleur du phénomène. Le risque reste « extrêmement important » en raison de la sécheresse, a souligné le ministre, appelant chacun à la prudence.
Un été 2026 exceptionnel sur le continent
Le mois de juillet 2026 figure parmi les plus marquants en Europe en matière d’incendies. En Espagne, le mégafeu d’Ávila a déjà ravagé près de 44.000 hectares, tandis que celui qui a frappé la Gironde, près de Bordeaux, a brûlé plus de 38.000 hectares, selon les données du système européen Effis. Les écarts avec les chiffres communiqués par la préfecture s’expliquent par des différences de mesure et d’estimation des surfaces brûlées. Alors que la France semble sortir progressivement de la phase la plus critique, les autorités appellent à ne pas relâcher les efforts face à un risque toujours présent.



