Incendies dans le Var : l'origine des noms des Canadair, Dash et Super Puma
L'origine des noms des avions de lutte contre les incendies

Dans le ciel varois, les Canadair Pélican, les Dash Milan et les hélicoptères Super Puma sont devenus des silhouettes familières au milieu des fumées et des flammes. Depuis le début des incendies à Pontevès, ces appareils aux noms d'animaux rythment les opérations des secours. Mais d'où viennent ces surnoms qui peuplent le ciel des incendies ? Entre héritage des constructeurs, traditions militaires et impératifs de communication radio, ces appellations sont devenues incontournables.

Le Pélican, le plus célèbre des bombardiers d'eau

C'est sans doute le nom le plus emblématique de la lutte contre les feux de forêt en France. Si le grand public parle de « Canadair », les équipages de la Sécurité civile désignent leurs avions amphibies sous un autre nom : Pélican. Chaque Canadair reçoit en effet un indicatif radio commençant par ce nom, suivi d'un numéro. Un choix loin d'être anodin. Comme l'oiseau, l'appareil plonge pour remplir sa « poche » d'eau avant de la déverser quelques minutes plus tard sur les flammes. L'image évoque la manière dont le pélican capture sa nourriture avec son imposant bec. Le terme « Canadair », lui, provient du constructeur canadien. Avec le temps, le nom de la marque est devenu, comme « Frigidaire » ou « Kärcher », un nom générique.

Super Puma, Cougar, Écureuil : quand Airbus s'inspire du monde animal

Cette tradition remonte à Aérospatiale, devenue Eurocopter puis Airbus Helicopters, qui a longtemps choisi de baptiser ses appareils avec des noms d'espèces animales afin d'évoquer leurs qualités. Le Puma, puis son évolution le Super Puma, doivent leur nom au grand félin d'Amérique. Puissant et capable d'emporter plusieurs tonnes sous élingue, l'hélicoptère bombardier d'eau est notamment utilisé pour transporter des pompiers ou acheminer des réserves d'eau grâce à un « Bambi Bucket », cette poche souple suspendue sous l'appareil. Dans la même famille figurent le Cougar, version militaire du Super Puma, mais aussi le Dauphin, destiné aux missions maritimes, ou encore l'Écureuil (aujourd'hui H125), réputé pour son agilité et fréquemment utilisé pour les missions de reconnaissance aérienne.

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Dragon, Milan et Bengale : les indicatifs de la Sécurité civile

Contrairement au Super Puma, Dragon n'est pas le nom d'un hélicoptère. Il s'agit de l'indicatif radio de tous les hélicoptères de la Sécurité civile. Chaque appareil est identifié par le mot « Dragon » suivi du numéro de son département d'affectation : Dragon 06 dans les Alpes-Maritimes, Dragon 83 dans le Var ou encore Dragon 13 dans les Bouches-du-Rhône. Ces hélicoptères, aujourd'hui principalement des Airbus H145, interviennent pour les secours en montagne, les évacuations sanitaires, les sauvetages en mer, mais aussi pour la reconnaissance des incendies, le transport de personnels ou la coordination des opérations. Le choix du terme « Dragon » remonterait à la création de cette flotte en 1957. Il fait référence à l'un des premiers hélicoptères ayant été précurseurs au développement des missions de sauvetages, un Westland-Sikorsky S-51 Dragonfly (« dragonfly » signifiant « libellule » en anglais). Court, facilement identifiable à la radio et évocateur de puissance, « Dragon » répond parfaitement aux exigences des communications aériennes.

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Le principe est le même pour les avions Dash de la Sécurité civile. Leur surnom Milan (oiseau de proie) est issu de l'indicatif radio. Plus rapide et doté d'une grande capacité d'emport, il peut transporter environ 10 000 litres d'eau ou de retardant et effectuer des largages massifs sur les fronts de flammes, en complément des Canadair. Moins connu du grand public, Bengale occupe pourtant un rôle stratégique dans les opérations aériennes de lutte contre les incendies. Ce sont « les cerveaux discrets des opérations aériennes contre les feux de forêt ». Ces appareils ne larguent pas d'eau sur les flammes. Ils sont chargés de surveiller l'évolution du sinistre, d'analyser la progression du front de feu et de transmettre des informations aux équipes engagées au sol comme aux autres aéronefs. Ses informations sont essentielles pour organiser les rotations des Canadair, des Dash ou des hélicoptères. L'origine exacte de cet indicatif n'est pas officiellement documentée. Le terme Bengale peut rappeler le tigre du Bengale, symbole de puissance, de vigilance et de maîtrise de son territoire — des qualités qui correspondent au rôle d'un appareil chargé de surveiller un immense théâtre d'opérations.

Une nomenclature pensée pour être comprise immédiatement

Si certains noms relèvent du marketing industriel et d'autres de l'organisation opérationnelle, ils répondent tous à un même objectif : être immédiatement identifiables, aussi bien par les pilotes que par les contrôleurs aériens ou les sapeurs-pompiers au sol. Les constructeurs privilégient des noms qui évoquent la puissance, l'agilité ou l'endurance, tandis que la Sécurité civile utilise des indicatifs radio courts, distinctifs et difficiles à confondre lors des communications.