Stabilisation en Gironde après 42 000 hectares brûlés
Ce vendredi 31 juillet 2026, l'incendie déclenché le 22 juillet près de Bordeaux est stabilisé. La préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a estimé que la journée de jeudi avait été la première « un peu optimiste » depuis le début du sinistre, qui a parcouru 42 000 hectares.
« On a l'impression qu'on est en train de revenir sur le chemin d'une vie normale et que les choses commencent à s'améliorer nettement », a-t-elle déclaré devant la presse. Jeudi matin, 84 000 personnes supplémentaires ont reçu l'autorisation de rentrer chez elles. Au total, plus de la moitié des 224 000 habitants évacués face à la menace ne sont plus concernés par ces mesures préventives.
Le changement climatique multiplie les risques
Dans une étude publiée vendredi, les scientifiques du groupe World Weather estiment que le changement climatique d'origine humaine a rendu les conditions propices aux incendies extrêmes deux fois plus probables en France qu'à l'époque préindustrielle, et six fois plus en Espagne. Selon leur analyse, fondée sur des données météo historiques et des méthodes revues par les pairs, de tels incendies peuvent désormais se produire tous les vingt ans en France et tous les six ans en Espagne.
« Tout pointe dans la même direction : les conditions propices aux feux augmentent à cause du réchauffement causé par les activités humaines », explique à l'AFP l'autrice principale, Clair Barnes, de l'Imperial College London.
Un mois de juillet inédit dans l'Union européenne
Juillet 2026 entre dans l'histoire des incendies européens : trois des quinze plus grands feux recensés dans l'Union européenne depuis 2016 se sont déclarés en quelques jours, en Espagne et en France. Le feu de la province d'Avila, près de Madrid, parti le 22 juillet, est le plus important de l'histoire récente de l'Espagne. Il a déjà brûlé près de 44 000 hectares et se classe au sixième rang des plus gros incendies de la décennie sur le sol européen, d'après le Système européen d'information sur les feux de forêt (Effis).
L'incendie de Gironde, le plus grave en France depuis 1949, arrive en huitième position de ce classement. Les données satellites d'Effis font état de plus de 38 000 hectares brûlés, alors que les autorités locales avancent le chiffre de 42 000 hectares.
Espagne : amélioration à Madrid, foyers toujours actifs à Zamora
Dans la région de Madrid, les autorités ont levé l'urgence nationale, l'incendie ne présentant « presque plus de flammes ». Un millier de personnes restent évacuées, mais des dizaines de milliers d'habitants ont pu regagner leur domicile depuis mardi soir. La préfecture régionale alerte toutefois sur un risque « très élevé, voire extrême » d'incendie, alors que la vague de chaleur se poursuit.
À la frontière avec le Portugal, dans la province de Zamora, l'incendie parti mercredi de la commune de Fermoselle a ravagé plus de 11 000 hectares en vingt-quatre heures, selon le maire José Manuel Pilo, cité par l'AFP. Ce dernier a décrit « l'enfer » des flammes et un « tunnel de fumée » dans ce village d'un peu plus de 1 000 habitants. Quatorze localités, soit plus de 800 personnes, ont été évacuées.
Portugal, Grèce et Angleterre toujours mobilisés
Au Portugal, près de 800 pompiers, soutenus par six moyens aériens, combattaient jeudi un incendie dans le nord du pays qui a brûlé au moins 6 000 hectares depuis mardi. Les autorités avaient consolidé près de 80 % du périmètre dans la matinée, mais la hausse des températures et le vent ont provoqué plusieurs reprises du feu.
En Grèce, plus de 300 pompiers luttaient contre deux incendies de forêt en Crète, qui ont entraîné l'évacuation d'environ 8 000 personnes. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a prévenu que le pays, relativement épargné en début d'été, allait vivre « des jours difficiles ».
En Angleterre, une centaine de pompiers étaient déployés dans le Suffolk, dans l'est du pays, contre un incendie qui a ravagé une centaine d'hectares de landes au sud de Dunwich. Le feu, déclenché mercredi en fin d'après-midi et qualifié d'« incident majeur », a obligé des habitants et des vacanciers à évacuer. Les secours indiquaient jeudi soir que la progression était « bonne ».
Un futur bombardier d'eau français
Pour renforcer les moyens de lutte, la société Latécoère, sous-traitant d'Airbus et de Boeing, s'est associée à Hynaero pour développer le programme Fregate-F100, un avion bombardier d'eau amphibie. Selon un communiqué commun, Latécoère apportera son expertise en matière de conception, de certification, de maintenabilité et de promotion de l'appareil auprès de clients potentiels dans le monde.



