La préfecture de Bordeaux a activé son centre opérationnel départemental (COD) dès le début de l'incendie. Depuis trois jours, ce poste de commandement fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre, avec une équipe renforcée de l'administration préfectorale, de la direction départementale des territoires et de la sécurité civile. Les agents se relaient toutes les huit heures pour assurer une présence continue, jusqu'à une soixantaine de fonctionnaires mobilisés en parallèle des équipes de secours.
Le feu, qui est parti jeudi après-midi sur la commune de Lucats, a déjà détruit 3 500 hectares de forêt cultivée de pins, selon le dernier bilan communiqué par les autorités. Les sapeurs-pompiers des Landes et de la Gironde, épaulés par des renforts venus de tout le Sud-Ouest, luttent sans relâche contre les flammes. La préfecture a également mis en place une cellule d'information du public, joignable par téléphone et via les réseaux sociaux, pour diffuser les consignes de sécurité et répondre aux questions des habitants.
Un feu attisé par le vent
Les rafales de vent atteignant 60 km/h ont compliqué la tâche des équipes au sol. Le front de l'incendie s'est étendu sur une largeur de six kilomètres, rendant son périmètre difficile à stabiliser. Face à la violence du sinistre, les autorités ont procédé à l'évacuation préventive de trois campings situés à proximité du front, soit environ 1 200 personnes, qui ont été hébergées dans des gymnases des communes voisines. Plusieurs routes départementales ont été coupées à la circulation, et un périmètre de sécurité a été établi autour de la zone sinistrée.
« Nous avons affaire à un feu de grande ampleur qui nécessite une organisation sans précédent », a déclaré le préfet de la Gironde, en visite vendredi matin au centre de commandement. Selon lui, tout est mis en œuvre pour protéger les populations et éviter les départs de nouveaux foyers. Le préfet a également salué l'engagement des pompiers et la coopération des maires des communes menacées, qui ont facilité l'évacuation des résidents et des touristes.
Une coordination constante
Au sein de la préfecture de Bordeaux, le COD fonctionne comme une tour de contrôle. Il centralise les informations issues du terrain, décide des priorités et relaie les consignes aux différents acteurs, notamment les maires, les forces de l'ordre et les services de secours. Des réunions de situation sont organisées toutes les trois heures pour faire le point sur l'évolution du sinistre et ajuster le dispositif en conséquence.
Cette cellule de crise est en lien permanent avec le poste de commandement opérationnel situé au plus près du feu. Les agents utilisent des cartographies en temps réel issues des reconnaissances aériennes et des drones, ce qui permet de suivre la progression du feu et de décider des éventuelles nouvelles évacuations. La préfecture coordonne également l'acheminement du matériel et des renforts, en lien avec le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) et la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest.
Des moyens exceptionnels
En matière de lutte, ce sont plus de 600 sapeurs-pompiers qui sont engagés. Ils sont appuyés par six avions bombardiers d'eau, un Dash 8 et deux Canadair, dont les rotations se poursuivent de jour comme de nuit. Des bulldozers sont utilisés pour créer des pare-feux, notamment sur le flanc est qui reste le plus menaçant. Ce dispositif doit permettre de freiner la progression des flammes dans les prochaines heures, même si la météo reste défavorable.
Le sinistre a déjà détruit plusieurs bâtiments, dont trois habitations légères de loisirs et un hangar agricole. Aucune victime n'est à déplorer grâce aux évacuations, mais les dégâts matériels sont importants. La préfecture appelle la population à la plus grande prudence et rappelle que l'accès aux massifs forestiers est interdit jusqu'à nouvel ordre. Des restrictions d'usage de l'eau ont également été édictées dans certaines communes pour préserver les ressources destinées à la lutte.
Le soutien de l'État
Le ministère de l'Intérieur a envoyé samedi une unité de la sécurité civile en renfort, spécialisée dans la lutte contre les feux de forêt. Le secrétariat d'État à la biodiversité a également annoncé le lancement d'une mission d'inspection pour déterminer les causes exactes de l'incendie. Pour l'heure, l'hypothèse d'un feu accidentel reste privilégiée – peut-être en lien avec des travaux forestiers – mais aucune piste n'est écartée, y compris celle d'un acte malveillant, d'après des sources proches du dossier.
La préfecture de Bordeaux continue sa coordination jour et nuit. Les prochaines heures seront décisives, car les températures attendues lundi dépasseront les 35 degrés, et le vent doit se renforcer. Les pompiers redoutent une reprise du feu sur le flanc ouest, non encore fixé. L'objectif reste de contenir le sinistre dans les meilleurs délais, tout en assurant la sécurité des personnes et des biens.



