Le mégafeu qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde restait vendredi matin « contenu dans son périmètre malgré des secteurs actifs persistants », a indiqué la préfecture dans son point de situation. Environ 30 000 habitants peuvent désormais retrouver leur maison, tandis que plus de la moitié des 224 000 personnes évacuées ont réintégré leur domicile dans 12 communes du nord-ouest au sud de Bordeaux.
« Les conditions météorologiques de la nuit ont été favorables », avec une baisse des températures et un taux d’humidité élevé, soulignent les autorités. La surface brûlée n’a pas évolué depuis plusieurs jours, un signe encourageant pour les équipes au sol.
Un incendie « stable » mais toujours menaçant
Le caractère « stable » du front ne signifie pas que tout danger est écarté. Les points chauds du brasier concernent encore la presqu’île du Cap Ferret à Claouey, la commune de Lanton sur le bassin d’Arcachon, ainsi que celles du Porge et de Lacanau plus au nord. Vendredi matin, « les pompiers mèneront des actions combinées de forestage et de traitement des lisières sur la zone dunaire », précise la préfecture.
Ces opérations doivent sécuriser les lisières et éviter toute reprise du feu, alors que le risque demeure élevé. Les autorités dénombrent toujours 240 habitations détruites mais indiquent que « ce bilan sera consolidé lors des prochaines visites de reconnaissance ». Le bilan humain, lui, fait état de 267 sapeurs-pompiers blessés depuis le déclenchement de l’incendie, selon le dernier décompte communiqué.
La mobilisation reste totale, ont souligné les autorités vendredi matin, alors que les équipes engagées se relaient sans relâche sur les différents fronts.
« On peut penser que le pire est derrière nous »
Jeudi soir, le ministre de l’intérieur a voulu rassurer les Français sur BFMTV : « On peut penser que le pire est derrière nous. » Un optimisme partagé par la préfète de Gironde, Sophie Brocas, qui s’est félicitée d’une amélioration nette de la situation lors d’un point-presse : « C’est la première journée un peu optimiste puisqu’on a l’impression qu’on est en train de revenir sur le chemin d’une vie normale et que les choses commencent à s’améliorer nettement. »
Cette dynamique a permis de lever progressivement les ordres d’évacuation. Dans 12 communes, les habitants concernés ont pu retrouver leurs logements, souvent après plusieurs jours d’exil.
Des moyens colossaux et une aide internationale
La lutte contre le mégafeu mobilise 3 300 sapeurs-pompiers, appuyés par 24 appareils aériens effectuant des largages d’eau ou de produit retardant. Sur le terrain, 1 500 militaires et 1 250 forces de sécurité intérieure sont également engagés pour épauler les soldats du feu et sécuriser les zones sinistrées.
L’aide est aussi venue de l’étranger. L’Ukraine a envoyé 70 pompiers pour participer aux opérations, un geste de solidarité internationale salué par les autorités françaises.
Neuf départements en vigilance orange
La prudence reste toutefois de mise sur une large partie du territoire. Selon Météo France, neuf départements sont placés en vigilance orange pour risque « élevé » de feu de forêt. Les conditions chaudes et sèches continuent de favoriser les départs d’incendie, et les autorités appellent chacun à respecter les consignes de sécurité.
La journée de vendredi sera déterminante pour conforter la stabilisation du front en Gironde et permettre à de nouveaux évacués de regagner leurs maisons. Les pompiers poursuivent leurs opérations de noyage et de surveillance afin d’éviter toute reprise du brasier, notamment dans la zone dunaire du littoral atlantique.



