Dix hectares de vignes sont partis en fumée dans l'incendie qui a ravagé Correns, dans le Var. Alors que les vendanges commencent ce jeudi, la cave coopérative Les Vignerons de Correns anticipe une baisse de production de 20 % cette année, en raison des flammes et de la sécheresse. Le président de la cave, Fabien Mistre, décrit un « drame humain, environnemental et économique » pour ce village de 900 habitants.
Un bilan contrasté pour les 206 hectares de vignes
Sur les 206 hectares de vignes que compte la commune, une dizaine ont été touchés à 100 % par l'incendie. « La machine à vendanger ne passera pas dans ces parcelles et il faudra attendre le printemps prochain pour voir si le végétal redémarre ou pas », explique Fabien Mistre. Pour la cave, qui produit en moyenne 12 000 hectolitres par an, cette perte est significative. « Dix hectares, ça peut paraître peu, mais ce n'est pas anodin pour une cave comme la nôtre », ajoute-t-il.
Trois coopérateurs, dont les vignes étaient situées en coteaux et enclavées dans la forêt, ont tout perdu. « C'est la double peine : il va falloir qu'on les aide, qu'on les accompagne », insiste le président. Les premières analyses œnologiques sont toutefois rassurantes concernant le goût de fumée sur les grappes épargnées. « Les grains de raisin absorbent tout, mais les tests montrent que ce goût peut être éliminé », précise-t-il.
Des pertes économiques au-delà des vignes
L'incendie, qui a menacé le village pendant dix-huit jours, a également impacté l'œnotourisme et l'agritourisme. « Pendant plus de quinze jours, ces activités ont été à l'arrêt. J'ai des écuries avec une soixantaine de chevaux : cela fait une vingtaine de jours qu'elles ne tournent pas », témoigne Fabien Mistre. Il craint une saison touristique compromise.
Sur le plan environnemental, le bilan est lourd : sur les 3 500 hectares de bois et d'espaces naturels préservés depuis trente ans, seuls 500 ont échappé aux flammes. « Le paysage est dévasté et mettra du temps à s'en remettre », déplore-t-il. Les habitants, eux, sont sous le choc. « Sur les 900 habitants, je n'en ai pas vu un seul ne pas pleurer », confie-t-il.
Des vendanges sous le signe de la résilience
Malgré tout, les vendanges débutent jeudi, comme dans le reste du département. Fabien Mistre, viticulteur lui-même, sait que le millésime 2026 ne sera pas exceptionnel en volume. « On aura une baisse de production de 20 % cette année », estime-t-il. Mais il reste déterminé à soutenir les coopérateurs et à reconstruire.
Les experts étaient attendus lundi et mardi pour évaluer précisément les dégâts. La priorité est désormais d'accompagner les viticulteurs les plus touchés et de préparer l'avenir, malgré un paysage défiguré et une économie locale fragilisée.



