Le volcan de Fuego, situé à une trentaine de kilomètres de la capitale guatémaltèque, est entré en éruption ce mercredi 4 août, forçant les autorités à déclencher une alerte orange et à évacuer les villages les plus proches. Selon l'Institut national de sismologie, de volcanologie, de météorologie et d'hydrologie (Insivumeh), l'activité éruptive a débuté en fin de matinée, avec une colonne de cendres s'élevant à plus de 6 000 mètres au-dessus du cratère.
Une éruption de type explosif
L'éruption, qualifiée de « modérée à forte » par les experts, se caractérise par des explosions continues, des projections de blocs incandescents et des coulées de lave qui descendent les flancs du volcan. Les coulées de lave, qui peuvent atteindre plusieurs kilomètres de long, menacent principalement les communautés situées dans les ravines et les canyons environnants. L'Insivumeh a signalé que des lahars (coulées de boue) pourraient se former en raison des fortes pluies attendues, augmentant le risque pour les zones habitées.
Évacuations préventives
La Coordination nationale pour la réduction des catastrophes (Conred) a ordonné l'évacuation préventive de plus de 500 personnes vivant dans les villages de Panimaché, Morelia et El Porvenir, situés sur les pentes du volcan. Des abris temporaires ont été installés dans les municipalités voisines, et des équipes de secours sont mobilisées pour assister les populations déplacées. « Nous avons déjà évacué plusieurs familles, et nous continuons à surveiller l'évolution de l'éruption », a déclaré le porte-parole de la Conred, David de León, cité par l'agence de presse guatémaltèque AGN.
Risques pour la santé et le trafic aérien
Les retombées de cendres, qui peuvent provoquer des problèmes respiratoires, touchent déjà plusieurs municipalités du département d'Escuintla, ainsi que la capitale. Les autorités sanitaires recommandent à la population de porter des masques et de rester à l'intérieur. Par ailleurs, l'aéroport international La Aurora, situé à Guatemala City, a été temporairement fermé en raison des nuages de cendres, perturbant le trafic aérien. Les compagnies aériennes ont été invitées à modifier leurs itinéraires.
Un volcan sous haute surveillance
Le volcan de Fuego, qui signifie « feu » en espagnol, est l'un des volcans les plus actifs d'Amérique centrale. Il est entré en éruption à plusieurs reprises ces dernières années, notamment en juin 2018, lorsqu'une éruption particulièrement violente avait fait plus de 400 morts et disparus. Depuis, les autorités ont renforcé les systèmes d'alerte et les plans d'évacuation. L'Insivumeh a annoncé que des équipes de volcanologues sont en poste pour surveiller en continu l'activité sismique et les émissions de gaz, afin de prévoir d'éventuelles escalades.
Appel à la vigilance
Le président guatémaltèque, Alejandro Giammattei, a appelé la population à la vigilance et a demandé aux citoyens de suivre les instructions des autorités locales. « Nous suivons de près la situation et nous mettons tout en œuvre pour protéger les vies humaines », a-t-il écrit sur son compte Twitter. Les autorités ont également mis en garde contre les rumeurs et les fausses informations, exhortant la population à se fier uniquement aux communications officielles.
Impact économique et environnemental
L'éruption a également des conséquences économiques pour les régions agricoles environnantes, où les cultures de café et de canne à sucre sont menacées par les cendres. Les agriculteurs locaux, déjà fragilisés par la pandémie de Covid-19, craignent des pertes importantes. Par ailleurs, les écologistes s'inquiètent des dommages causés à la biodiversité locale, notamment dans les zones forestières proches du volcan. Les autorités ont annoncé que des évaluations des dégâts seront menées dès que la situation le permettra.
Coopération régionale
Le Guatemala a sollicité l'aide de ses voisins, notamment du Salvador et du Honduras, pour faire face à cette crise. Des équipes de secours et du matériel médical sont en cours d'acheminement. La communauté internationale, à travers des organisations comme l'ONU, a également proposé son soutien. Cette solidarité régionale est essentielle pour répondre aux besoins urgents des populations affectées.



