Les habitants du Porge, en Gironde, n'ont pas encore pu regagner leurs domiciles que de nouvelles évacuations ont été ordonnées. Cette fois, ce ne sont pas les flammes qui menacent, mais des munitions de la Seconde Guerre mondiale. Sous l'effet de la chaleur extrême du mégafeu qui a ravagé la commune fin juillet, des obus enfouis dans le sol ont explosé en pleine nuit, entre le 23 et le 24 juillet.
Les deux lotissements concernés, Plein Soleil et Ferron, ont été vidés de leurs occupants. Les dégâts ont été constatés le 27 juillet. Selon les informations d'actu Bordeaux, 75 obus ont été retirés lors d'une première opération de déminage menée la semaine dernière. Une deuxième intervention est prévue ce lundi 3 août.
« Je me suis cru à Beyrouth »
Le maire, Martial Zaninetti, a expliqué que les obus étaient « enterrés sous des parcelles, à la sortie du village, vers l'océan ». La chaleur des flammes rendait leur explosion inévitable. « Je me suis cru à Beyrouth, avec la fréquence et la puissance d'une mitraillette », a-t-il déclaré à Sud-Ouest. Il a également confié à franceinfo : « On pensait que c'était des bouteilles de gaz, mais c'était vraiment trop important. »
L'un de ces obus a traversé une maison entière avant de terminer sa course au fond d'un dressing. Le mégafeu a par ailleurs détruit plus de 180 logements au Porge. Au plus fort de la crise, plus de 220 000 personnes avaient été évacuées dans le département ; 208 000 avaient pu rentrer chez elles.
Des munitions souvent retrouvées dans le sol français
Cette découverte n'a rien d'isolé. En mai 2026, un Nîmois a mis au jour un obus en débroussaillant son jardin. Le même mois, un autre engin a été trouvé dans un stockage de ferraille à Saint-Thibéry, dans l'Hérault. Un mois plus tôt, à La Grande-Motte, des ouvriers étaient tombés sur neuf engins explosifs sur un chantier.
Le déminage du Porge s'annonce délicat, car les munitions sont disséminées sous des parcelles situées en sortie de village, à proximité de l'océan. Une nouvelle opération est donc prévue lundi 3 août, avant que les habitants puissent espérer regagner leur domicile en toute sécurité.



