Un début de saison meurtrier sur les plages girondines
L’avant-saison sur les plages de Gironde est déjà très meurtrière. Depuis le mois d’avril, cinq baigneurs se sont noyés, quatre à Lacanau et un à Lège-Cap-Ferret, dont trois sur le seul week-end de la Pentecôte. Pendant ce week-end au cours duquel des records de température ont été battus, plus de quarante sauvetages de baigneurs emportés par des baïnes ont été recensés.
La précocité de la chaleur doit-elle inviter à revoir les dispositifs de surveillance des plages dans le Sud-Ouest ? Si certaines communes du littoral girondin ont commencé, dès la fin avril, à faire surveiller une partie de leurs plages, l’ouverture des postes de secours communaux se fait progressivement et l’arrivée de 38 sauveteurs CRS en Gironde, employés par l’État, n’interviendra qu’au 1er juillet, pour le début des grandes vacances scolaires.
Une réunion pour renforcer la sécurité
Une réunion a eu lieu ce mercredi en préfecture avec le SIVU, créé pour la surveillance des plages et des lacs du littoral girondin. Elle a permis « d’identifier plusieurs pistes d’action afin de renforcer, dès les prochains week-ends, les dispositifs de prévention, de surveillance et de secours », explique un communiqué.
Déployer des sauveteurs CRS en fonction des besoins ?
Le dispositif de surveillance des plages est-il devenu sous-dimensionné sur les ailes de saison ? Pour faire face aux épisodes à risque, en cas d’affluence sur les plages, le syndicat CRS Unsa-police met sur la table la possibilité de mobiliser ponctuellement des effectifs, en fonction des besoins. « On lance cette piste de réflexion, explique Cyril Lambert, référent national des nageurs sauveteurs CRS UNSA-police. Envoyer des effectifs en renfort, dès le mois d’avril, quand les conditions de mer sont bonnes et les températures favorables à la baignade pourrait concourir à éviter les drames qu’il y a eu ce week-end ».
Cyril Lambert, sauveteur aguerri qui a 25 saisons à son actif, estime qu’il pourrait être judicieux de déployer deux CRS par commune, un chef de plage et un adjoint, en fonction des conditions météo et de l’attractivité des plages. Formés spécifiquement aux conditions périlleuses du sauvetage en mer, les CRS ont aussi une expertise spécifique sur les différents spots de plage. « À Lacanau où j’ai été sauveteur pendant seize ans, se trouvent des épis rocheux qui créent un courant particulier, pas forcément une baïne », pointe, par exemple, Cyril Lambert.
Ce « vivier opérationnel » s’entraîne toute l’année pour faire du secours en mer et met en avant sa complémentarité avec les sauveteurs recrutés par les collectivités. Avec leur pouvoir de police, les CRS maîtres-nageurs sauveteurs peuvent avoir davantage d’autorité auprès de baigneurs, « peu enclins à accepter des contraintes sur la plage », relève Cyril Lambert.
Des forces de sécurité « très présentes » ce week-end
La date de début de surveillance des plages, qui relève en premier lieu de la compétence des maires rappelle l’État, n’a pas été avancée à l’issue de la réunion. Mais l’État demeure « pleinement mobilisé aux côtés des collectivités », assure Sophie Brocas, la préfète. Depuis le début du mois de mai, l’hélicoptère de la Sécurité civile Dragon 33 a été prépositionné à Lacanau. « Les forces de sécurité intérieure seront également très présentes sur le littoral tout au long du week-end, assure-t-elle. Les moyens du Sdis, notamment nautiques, seront de nouveau renforcés dans les casernes des secteurs littoraux ».
Les maires des communes du littoral doivent se réunir très prochainement pour « étudier toutes les solutions innovantes susceptibles d’améliorer encore la sécurité des usagers sur les plages du littoral girondin », précise encore le communiqué.
Au 1er juillet, 264 nageurs sauveteurs CRS seront mobilisés sur les plages au niveau national. On sait que la quasi-totalité des noyades qui y ont lieu se déroulent en dehors des zones surveillées.



