Lundi 3 août, au moment où les habitants du Porge, village de Gironde le plus touché par le mégafeu, étaient enfin autorisés à rentrer chez eux, les démineurs ont mis au jour une autre menace, invisible jusqu’alors. Sur une parcelle noircie de cinq hectares, quatre obus rouillés, encore couverts de terre, gisaient en surface. Un éclat d’obus avait également creusé un trou noirci de la taille d’une balle de tennis dans une clôture, a constaté l’AFP.
Depuis vendredi, les équipes du centre de déminage de Bordeaux ont récupéré 75 obus en surface. « Il en reste davantage », a prévenu le commandant Philippe, chef de ce centre, qui a souhaité ne pas donner son nom. Un champ voisin pourrait également contenir des munitions, a-t-il indiqué.
Deux quartiers encore bouclés
Ce village, le plus sinistré de Gironde avec plus de 180 maisons brûlées, n’est pas encore totalement accessible. Les lotissements Plein Soleil et Le Ferron restent fermés le temps des opérations de déminage, selon la préfecture. Les autres quartiers ont été rouverts depuis dimanche, mais cette autorisation ne vaut pas pour ces deux secteurs.
« Tout un secteur a été protégé parce que nous avons comme des obus de la Seconde Guerre mondiale qui sont enterrés. Ces zones sont fermées, elles sont protégées », avait expliqué dimanche sur Facebook le maire du Porge, Martial Zaninetti, qui a reconnu ignorer la présence de ces munitions avant l’incendie.
Des obus allemands et français
Les munitions découvertes sont à la fois allemandes et françaises. Il s’agit essentiellement d’obus de mortiers, auxquels s’ajoutent quelques obus à tête explosive destinés aux chars. Selon le commandant Thomas Mimiague, du SDIS de la Gironde, ces engins ne proviennent pas d’un stockage officiel : « On ne sait pas trop pourquoi ils sont là, on pense qu’ils ont été un peu abandonnés. »
Pendant le mégafeu, des déflagrations avaient été entendues. D’abord attribuées à des explosions de bonbonnes de gaz, elles pourraient en réalité avoir été causées par ces obus, qui auraient cédé sous l’effet de la chaleur, selon le commandant Mimiague.
Un danger accru par la chaleur
Le commandant Philippe a souligné que la priorité reste le retour des habitants : « Il s’agit d’abord de ramasser les obus en surface. On verra les obus sous terre plus tard », a-t-il déclaré. Il a également prévenu qu’« avec le temps qui passe, les obus deviennent plus sensibles, et avec la chaleur aussi ». Les munitions récupérées sont stockées puis détruites sur un terrain militaire.
Des panneaux « Danger de mort absolu, présence d’obus » ont été installés aux abords du périmètre. Un véhicule 4x4 de reconnaissance parcourait encore la zone lundi matin pour localiser d’éventuels autres engins. Les opérations de déminage devraient se poursuivre avant que le site ne soit totalement sécurisé.
Un retour à la normale progressif
La découverte de ces munitions complique encore la situation des habitants du Porge, déjà durement éprouvés par les flammes. Les autorités locales appellent à la plus grande prudence et rappellent que toute découverte d’obus doit être immédiatement signalée sans être touchée. Les secteurs fermés restent placés sous surveillance en attendant la fin des opérations.



