Le drone Reaper de Cognac traque l'incendie en Gironde 24h/24
Drone Reaper de Cognac traque l'incendie en Gironde

Un drone Reaper décolle de Cognac pour surveiller l'incendie girondin

Ce mardi à 9 heures, un drone MQ9-Reaper a décollé de la base aérienne 709 de Cognac-Chateaubernard, en Charente. L'appareil, équipé d'un pod avec des caméras ultra-puissantes, a filé vers Lège-Cap-Ferret, à plus d'une centaine de kilomètres, pour prendre le relais d'un autre Reaper qui venait de rentrer à la base. Missionnée pour surveiller depuis les airs le gigantesque incendie qui ravage la Gironde, la 33e Escadre de surveillance, de reconnaissance et d’attaque (Esra) de Cognac, qui opère les douze Reaper de l’armée de l’Air, assure ainsi une transmission continue d'images du monstre de feu aux pompiers mobilisés au sol.

Des images infrarouges pour détecter l'invisible

Lundi, grâce au Reaper, une reprise d'incendie a été localisée à Lège. À plus de 6 000 mètres d'altitude, l'appareil piloté à distance a transmis ses images à un opérateur au sol, installé dans un cockpit à Cognac. Après traitement, les images ont été acheminées à un autre opérateur de la 33e Esra, intégré au poste de commandement des pompiers en Gironde. « À cette altitude, le Reaper peut fournir une vision globale de la zone pour rechercher des départs de feu, suivre l’évolution du front, identifier des zones sensibles et reporter au poste de commandement des pompiers », explique le lieutenant-colonel Chartier, commandant en second de la BA709.

Le Reaper est équipé d'une boule optronique sous son ventre, comportant plusieurs caméras très puissantes. « Le premier avantage du Reaper, c’est sa persistance, puisqu’il peut voler jusqu’à 30 heures au-dessus de la Gironde sans avoir besoin de se poser », ajoute la lieutenant-colonel Celine, cheffe d’État-Major en second de la 33e Esra. « Comme nous faisons tourner deux Reaper en relais, nous assurons une permanence 24h/24 au-dessus de l’incendie. » Avec ses caméras de jour, de nuit et infrarouge, le MQ9 peut fournir des images quelles que soient les conditions météorologiques.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

« La caméra infrarouge lui permet de surcroît de détecter des feux qui ne sont pas visibles à l’œil nu, puisqu’elle permet de voir des flammes qui ne sont pas forcément visibles depuis le sol, soit parce qu’elles n’ont pas encore atteint la cime des arbres, soit parce que la présence de fumée gêne la visibilité globale », poursuit la cheffe d’État-Major en second. Dernier atout du Reaper : « il permet de traiter en direct les images grâce à sa liaison satellitaire. »

Un outil utilisé comme en mission militaire

Déjà sollicité en 2022 lors de l’incendie de Landiras, toujours en Gironde, le Reaper a été déployé dans la nuit de samedi à dimanche dernier, à la demande de la préfecture, alors que l’incendie prenait une tournure incontrôlable. « On l’utilise exactement de la même façon que pour une mission militaire, à la différence près qu’il n’est évidemment pas armé », souligne la lieutenant-colonel Celine. Pour certaines missions, le Reaper peut en effet être équipé de missiles Hellfire ou de bombes à guidage laser, même si sa mission première reste la reconnaissance de terrain. « Il est aussi employé dans les DPSA, les dispositifs de sûreté aérienne, qui consistent à créer des bulles de protection aérienne lors de grands événements – G7, Jeux olympiques… », ajoute la cheffe d’État-Major en second.

Au-delà du Reaper, la BA709 de Cognac est engagée à plusieurs titres sur le front de l’incendie en Gironde. Elle fournit notamment une dizaine de personnels de ses services pompiers et santé. « Nous avons aussi servi de base de repli pour quelques avions de la BA106 Mérignac [d’où le feu s’est rapproché], et nous pourrons en accueillir d’autres si nécessaire », dit le lieutenant-colonel Chartier.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale