Courry dans le viseur de l'ONF
L'Office national des forêts (ONF) a retenu la commune de Courry, dans le Gard, parmi les cinq municipalités sélectionnées en 2026 pour un état des lieux de la prévention des incendies. Ce dispositif, déployé chaque année dans le département, vise à identifier les pratiques existantes et à s'assurer que les habitants appliquent les consignes de sécurité face aux feux de forêt.
Le diagnostic a débuté en décembre par une rencontre entre l'ONF et la population locale. Les échanges ont débouché sur des recommandations concrètes. Six mois plus tard, en juin, la municipalité a de nouveau contacté les propriétaires concernés pour vérifier l'avancée des travaux d'entretien et rappeler les exigences en vigueur.
Le Gard, département fortement exposé
Situé en région Occitanie, le Gard est soumis à un climat méditerranéen caractérisé par des étés chauds et secs. Les épisodes de sécheresse, associés au mistral et à la tramontane, créent des conditions favorables aux départs de feu. La végétation composée de garrigue, de maquis et de pinèdes constitue un combustible de premier ordre.
Face à ce risque, l'ONF intervient en appui des collectivités. Son expertise permet d'évaluer le niveau de préparation des communes et de proposer des actions ciblées. La sélection de cinq communes par an dans le Gard s'inscrit dans une politique de prévention définie par les services de l'État et adaptée aux besoins locaux.
Une majorité réceptive mais des réticences
Résultat de ces échanges : la plupart des habitants se montrent attentifs aux conseils des forestiers et acceptent de mettre leurs parcelles en conformité. Toutefois, une frange de la population refuse encore d'entretenir ses terrains. Ce refus est fréquent dans les petites communes, où la culture du jardin et de la vigne reste ancrée.
« L'ONF nous a rencontrés avec les habitants en décembre dernier et, à la suite de leurs recommandations, nous avons repris contact avec certains propriétaires en juin », explique un élu. Il insiste sur la méthode adoptée : « Dans les petits villages comme le nôtre, l'objectif est de sensibiliser la population à l'intérêt communal par le dialogue. » La force de conviction prime donc sur la contrainte. Une vigne située au milieu du village, correctement entretenue au printemps, illustre cette bonne volonté partagée par la majorité des propriétaires.
Le débroussaillement, une technique de prévention
Débroussailler consiste à réduire la masse de végétaux inflammables dans les espaces proches des constructions. L'objectif est de créer une zone où le feu ne trouve pas suffisamment de matière pour se propager. Cette pratique vise aussi à protéger les pompiers lorsqu'ils interviennent et à limiter l'intensité des flammes.
L'entretien peut inclure la coupe des broussailles, l'élagage des branches basses et le contrôle de la végétation autour des arbres. Les périodes d'automne et de printemps sont particulièrement indiquées pour réaliser ces travaux. Ce calendrier permet de minimiser l'impact sur la biodiversité et d'éviter les fortes chaleurs estivales.
Le maire, garant de la sécurité
En France, la prévention des incendies repose en grande partie sur les maires, qui disposent du pouvoir de police. Christian Sanfilippo, maire de Courry, joue ce rôle au quotidien. Il rappelle que le débroussaillement est obligatoire sur une profondeur de 50 mètres autour des habitations, quel que soit le propriétaire de la parcelle. Cette mesure est essentielle pour réduire la propagation des flammes et protéger les quartiers résidentiels.
La règle s'applique aussi bien aux terrains privatifs qu'aux zones mitoyennes ou aux espaces appartenant à des tiers. Chaque propriétaire a donc une responsabilité directe dans la sécurité de son voisinage.
Une réglementation à affiner
Christian Sanfilippo estime que la réglementation actuelle n'est pas suffisamment incitative. Il propose de l'adapter afin d'impliquer davantage les propriétaires et de tenir compte des réalités du terrain. L'entretien des parcelles ne se fait pas de manière uniforme : il s'effectue surtout à l'automne et au printemps, quand les conditions climatiques et agronomiques sont les plus favorables.
La demande du maire s'inscrit dans une réflexion plus large. Dans les villages ruraux, les obligations de débroussaillement doivent être conciliées avec le respect du paysage et des activités agricoles. Une meilleure prise en compte de ces contraintes pourrait lever les réticences et améliorer l'observance des règles.
Un enjeu collectif pour le village
La protection contre les incendies n'est pas qu'une question d'administration. C'est avant tout une affaire de solidarité. La parcelle d'un unique propriétaire peut servir de relais au feu et menacer tout un quartier. À l'inverse, un terrain correctement débroussaillé constitue une véritable barrière.
Le cas de Courry illustre la difficulté d'appliquer les règles dans les villages où l'entretien des terres relève souvent d'une tradition familiale. En 2026, l'accent est mis sur le dialogue et l'accompagnement plutôt que sur la sanction. À terme, la municipalité espère convaincre les derniers réfractaires que le débroussaillement protège à la fois les biens et les vies.
Avec cet exemple, les cinq communes du Gard sélectionnées cette année disposent d'une feuille de route. La prévention des incendies reste un chantier permanent, qui se joue autant dans les mairies que dans chaque parcelle privée.



