Un milliard d'arbres : le Conseil d'État retoque le projet d'Emmanuel Macron
Un milliard d'arbres : le Conseil d'État retoque le projet

Le Conseil d'État a retoqué le projet de plantation d'un milliard d'arbres promis par Emmanuel Macron, dans une décision rendue publique le 16 juillet 2026. La plus haute juridiction administrative a estimé que le plan, qui visait à planter un milliard d'arbres d'ici 2030, n'avait pas fait l'objet d'une évaluation environnementale suffisante et que la concertation avec les parties prenantes avait été insuffisante.

Une décision motivée par des lacunes procédurales

Le Conseil d'État a été saisi par plusieurs associations environnementales, dont France Nature Environnement et la Ligue pour la Protection des Oiseaux, qui contestaient le décret du 12 janvier 2024 fixant les modalités du plan. Les juges ont annulé ce décret, estimant que l'étude d'impact environnemental ne prenait pas en compte les effets cumulés du projet sur les écosystèmes et la biodiversité. Selon la décision, « l'évaluation environnementale ne permet pas d'apprécier les incidences du projet sur l'ensemble du territoire et les milieux naturels concernés ».

Un projet emblématique du quinquennat

Annoncé en 2022 lors de la campagne présidentielle, le plan « un milliard d'arbres » était l'une des mesures phares d'Emmanuel Macron pour lutter contre le réchauffement climatique. L'objectif était de planter un milliard d'arbres en France d'ici 2030, avec un budget de 1,2 milliard d'euros. Le projet prévoyait de mobiliser les collectivités locales, les agriculteurs et les forestiers. Cependant, dès le départ, il a suscité des critiques de la part d'experts et d'associations, qui pointaient un manque de concertation et des risques pour la biodiversité. « Planter des arbres sans réfléchir à l'écosystème local peut faire plus de mal que de bien », avait déclaré à l'époque le biologiste Marc-André Selosse.

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Les associations saluent une victoire pour l'environnement

France Nature Environnement a salué la décision du Conseil d'État, y voyant « une victoire pour la démocratie environnementale ». L'association a rappelé que « planter des arbres ne se décrète pas sans une étude approfondie des impacts sur les sols, l'eau et la biodiversité ». De son côté, la Ligue pour la Protection des Oiseaux a estimé que « le projet aurait pu entraîner une artificialisation des sols et une perturbation des habitats naturels ». Les associations ont appelé le gouvernement à reprendre le projet sur des bases plus solides, en associant davantage les scientifiques et les acteurs locaux.

Le gouvernement envisage un nouveau plan

Le ministère de la Transition écologique a indiqué qu'il prenait acte de la décision du Conseil d'État et qu'il travaillait à un nouveau plan de reboisement. « Nous allons revoir notre copie en tenant compte des observations de la juridiction et en renforçant la concertation », a déclaré un porte-parole. Le gouvernement a précisé que l'objectif d'un milliard d'arbres restait d'actualité, mais qu'il serait mis en œuvre avec une méthodologie améliorée. Selon le ministère, 300 millions d'arbres avaient déjà été plantés depuis le lancement du plan, mais ces plantations pourraient être remises en cause si elles ne respectent pas les critères environnementaux.

Un impact sur la politique climatique

Cette annulation intervient alors que la France est en retard sur ses objectifs de reboisement, avec un taux de boisement de 31% du territoire, stable depuis plusieurs années. Le plan « un milliard d'arbres » visait à augmenter ce taux de 10% d'ici 2030. Les experts estiment que le reboisement est un levier important pour absorber le CO2, mais qu'il doit être mené avec précaution. « Planter des arbres n'est pas une solution miracle, il faut aussi protéger les forêts existantes et restaurer les écosystèmes dégradés », a rappelé le climatologue Jean Jouzel. La décision du Conseil d'État pourrait donc contraindre le gouvernement à revoir sa stratégie climatique dans son ensemble.

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Les réactions politiques

L'opposition a critiqué le gouvernement pour son « amateurisme » et son « manque de préparation ». La députée écologiste Sandra Regol a estimé que « ce fiasco montre que l'exécutif agit dans la précipitation, sans écouter les scientifiques et les citoyens ». Le Rassemblement National a dénoncé « un énième projet inutile qui coûte cher aux contribuables ». De son côté, le parti présidentiel a minimisé l'impact de la décision, affirmant que « le gouvernement saura tirer les leçons de cette annulation pour proposer un plan encore plus ambitieux et respectueux de l'environnement ».