Le parquet de Gap a annoncé jeudi que trois individus seront jugés pour avoir abattu illégalement neuf loups dans les Hautes-Alpes, à l’issue d’une enquête d’environ un an menée par l’Office français de la biodiversité (OFB) et la gendarmerie.
Une enquête déclenchée par un signalement
Les investigations ont débuté en avril 2025 « à la suite d’un signalement d’atteintes à la faune sauvage » dans le nord du département, a précisé la procureure de Gap, Marion Lozac’hmeur, dans un communiqué. Elle a qualifié l’opération de « vaste coup de filet contre le braconnage des loups ».
Des mesures de surveillance ont été mises en place par l’OFB, permettant de découvrir « des dispositifs de captation d’images installés à proximité d’une habitation ». Ces caméras servaient probablement à surveiller les allées et venues des loups.
Découverte d’un charnier et de preuves photographiques
Près d’un an plus tard, le 28 mars 2026, les inspecteurs de l’environnement de l’OFB ont observé des faits leur laissant présumer qu’un loup venait d’être abattu « en dehors de tout cadre légal ». Le lendemain, lors de perquisitions menées conjointement par l’OFB et les gendarmes, ils ont découvert un charnier d’animaux, vraisemblablement destiné à servir d’appâts pour attirer les loups, « nombreuses » armes à feu et un cadavre de loup.
L’exploitation des preuves, notamment des téléphones saisis, a révélé « la présence de nombreuses photographies d’animaux morts, en particulier de loups », ainsi que « l’implication plus ou moins directe de plusieurs personnes ».
Interpellations et procès en janvier 2027
Mardi, les enquêteurs ont interpellé trois personnes, placées en garde à vue puis sous contrôle judiciaire en attendant leur procès devant le tribunal correctionnel de Gap en janvier 2027. Elles devront répondre de « destruction et de complicité de destruction illégale d’espèce protégée ». Six autres personnes ont été entendues en audition libre, et un nombre non précisé par la procureure sera convoqué à la même audience selon une procédure simplifiée.
Rappel sur la régulation des loups en France
En France, l’abattage des loups est strictement encadré par la loi. Il est interdit en milieu naturel, sauf pour la défense des troupeaux. Les « tirs de prélèvement », indépendants d’une attaque en cours, sont soumis à une procédure spécifique avec un quota annuel maximal fixé par arrêté préfectoral. La population lupine est estimée à un peu plus d’un millier d’individus sur le territoire national, ce qui rend chaque abattage illégal particulièrement préjudiciable pour la conservation de l’espèce, protégée au niveau européen.



