Un phénomène qui touche plus de 10 millions de maisons
Selon une étude du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) publiée lundi 6 juillet, plus de la moitié des maisons individuelles en France métropolitaine sont exposées au phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA). Ce phénomène, lié à la sécheresse et aux précipitations intenses, provoque des mouvements du sol qui fragilisent les fondations des habitations. L'étude estime que 10,4 millions de maisons, soit 54 % du parc individuel, sont situées dans des zones à risque moyen ou fort.
Un coût qui s'envole pour les assureurs et les propriétaires
Le coût des sinistres liés au RGA a explosé ces dernières années. Entre 2016 et 2023, les indemnisations versées par les assureurs ont atteint 3,8 milliards d'euros, soit une multiplication par quatre par rapport à la décennie précédente. Selon la Caisse centrale de réassurance (CCR), le coût annuel moyen des sinistres pourrait atteindre 2,5 milliards d'euros d'ici 2050 en raison du changement climatique. Le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, a déclaré : « C'est devenu un drame national. Des milliers de familles se retrouvent avec des maisons fissurées, invendables et non assurables. »
Des solutions préventives insuffisantes
Pour limiter les dégâts, des mesures de prévention existent, comme l'éloignement des arbres des bâtiments ou la réalisation d'études géotechniques avant construction. Cependant, le BRGM souligne que ces mesures sont encore trop peu appliquées. Seules 20 % des maisons construites après 2000 dans les zones à risque disposent d'une étude de sol conforme. Le gouvernement a annoncé un plan d'action de 150 millions d'euros pour cartographier les zones à risque et aider les propriétaires à réaliser des diagnostics.
Un enjeu d'adaptation au changement climatique
Le phénomène de RGA est directement lié à l'augmentation des sécheresses estivales et des épisodes de pluies intenses. Selon Météo-France, la fréquence des sécheresses des sols a doublé depuis les années 1960. L'étude du BRGM recommande d'intégrer ce risque dans les plans locaux d'urbanisme et de renforcer les normes de construction. Le président de la Fédération française de l'assurance, Philippe Poiget, a estimé que « le système d'indemnisation actuel n'est plus tenable à long terme sans une politique de prévention ambitieuse ».



