Le marché du vin traverse une crise profonde marquée par une déconsommation durable et des taxes à l'exportation. Pour y faire face, le secteur se réinvente constamment : nouvelles appellations, pratiques innovantes comme la viticulture régénérative, terroirs surprenants tels que le Beaujolais blanc, et diversification vers la cosmétique en exploitant les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. Ainsi naissent des soins capillaires, sérums antitaches, douches et shampoings au pinot noir, émulsions nettoyantes, laits corps, etc. Si tous ces produits ne s'imposeront pas dans un univers concurrentiel, ils témoignent de la capacité du secteur à innover pour traverser les vents mauvais.
L’AOP Cru Sainte-Victoire : une nouvelle étoile en Provence
Dans le monde du vin, une nouvelle appellation brille : l’AOP Cru Sainte-Victoire, reconnue fin 2024. Située à l’est d’Aix-en-Provence, dans la Haute Vallée de l’Arc, sur le flanc sud du massif Sainte-Victoire, jusqu’aux chaînons des monts Olympe et Aurélien. Les vignes bénéficient d’un ensoleillement généreux, du mistral qui garantit leur bon état sanitaire, et sont protégées des influences maritimes par les parois rocheuses de la Sainte-Baume.
La force du collectif pour valoriser le terroir
Cette reconnaissance couronne la détermination des vignerons locaux. Eric Pastorino, président du Conseil interprofessionnel des vins de Provence (CIVP), souligne : « La force du collectif » et loue le travail mené depuis 1992 pour hiérarchiser les côtes-de-provence. « Un engagement sur la valeur ajoutée, la premiumisation et une organisation pyramidale de notre appellation régionale », ajoute-t-il.
Olivier Sumeire, viticulteur et défenseur du cru, insiste sur l'importance du terroir calcaire et argileux : « La nature nous a donné cet écrin magnifique, mondialement connu grâce à Cézanne. Il constitue tout notre héritage, raconte la géologie, le climat et la biodiversité de la région. Chacun de nos vins est le reflet de cette identité unique. »
Valoriser les meilleures parcelles
Héritier d’une grande famille du vignoble provençal, Olivier Sumeire porte le flambeau de la Sainte-Victoire depuis dix-huit ans à la tête de l’association des récoltants locaux. « L’objectif de valoriser nos meilleures parcelles fut déjà partiellement atteint en 2005 avec la première dénomination géographique des côtes-de-provence (DGC), qui délimita un espace et lui fixa un cahier des charges plus restrictif », rappelle-t-il. « Mais le mot "cru" apparaît plus porteur pour les consommateurs, cela vous place au sommet de la pyramide. » D’autres zones de production furent identifiées comme DGC : Fréjus, La Londe-les-Maures, Pierrefeu et Notre-Dame-des-Anges. La décision de l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao) leur permet tous les espoirs pour gravir la dernière marche vers l’excellence.
Les vins du cru : une palette aromatique riche
Les vins du nouveau cru se distinguent par une palette aromatique riche et nuancée. Les rosés, légers et rafraîchissants, séduisent par leurs notes de fruits rouges et d’agrumes, parfaits pour les apéritifs. Les rouges dévoilent une structure élégante, ample, avec des arômes intenses de fruits noirs et d’épices. Une véritable symphonie de saveurs.



