Netflix France : les nouvelles règles d'investissement audiovisuel vont trop loin
Netflix France : règles d'investissement trop loin

Pauline Dauvin, vice-présidente de Netflix France, a exprimé de vives réserves concernant les nouvelles règles imposant aux plateformes de streaming d'investir davantage dans la production audiovisuelle française. Selon elle, ces obligations, qui entreront en vigueur en 2027, risquent de freiner l'innovation et de déséquilibrer le marché.

Des exigences jugées disproportionnées

Les nouvelles dispositions, issues de la transposition de la directive européenne SMA, imposent aux services de streaming comme Netflix de consacrer 30 % de leur chiffre d'affaires réalisé en France à la production d'œuvres audiovisuelles françaises. Un seuil que Pauline Dauvin considère comme trop élevé, surtout en comparaison avec les obligations des chaînes de télévision traditionnelles.

"Nous sommes favorables à une contribution équitable, mais ces règles vont trop loin et ne tiennent pas compte de la réalité économique des plateformes", a-t-elle déclaré lors d'une audition au Sénat. "Netflix investit déjà massivement en France, avec plus de 500 millions d'euros depuis 2019, mais ces nouvelles contraintes pourraient réduire notre capacité à prendre des risques créatifs."

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un impact sur la diversité des contenus

Dauvin a également souligné que ces obligations pourraient conduire à une standardisation des productions, au détriment de la diversité des genres et des formats. "Nous risquons de nous concentrer sur des projets très consensuels pour répondre aux quotas, au lieu de soutenir des œuvres audacieuses et innovantes", a-t-elle ajouté.

Selon les chiffres du CNC, les plateformes de streaming ont contribué à hauteur de 350 millions d'euros à la production audiovisuelle française en 2025, soit une augmentation de 40 % par rapport à 2024. Cependant, pour Dauvin, l'effort demandé est disproportionné par rapport à la taille du marché français.

Une concurrence faussée

La vice-présidente de Netflix France a également mis en garde contre une distorsion de concurrence avec les acteurs historiques. "Les chaînes de télévision bénéficient de règles plus flexibles, ce qui crée un déséquilibre. Nous demandons une harmonisation des obligations pour tous les diffuseurs", a-t-elle insisté.

Les sénateurs présents ont pris note de ces inquiétudes, mais certains rappellent que ces mesures visent à protéger la création française face à la puissance des géants américains. "Il est essentiel de maintenir un cadre réglementaire fort pour préserver notre exception culturelle", a répondu le rapporteur de la loi.

Quelles conséquences pour les abonnés ?

Interrogée sur une éventuelle hausse des tarifs, Pauline Dauvin n'a pas exclu cette possibilité. "Si les coûts augmentent de manière significative, nous pourrions être contraints de répercuter une partie de ces charges sur nos abonnés. Mais notre priorité reste de proposer un catalogue attractif et accessible."

Netflix compte actuellement plus de 10 millions d'abonnés en France, un chiffre en croissance constante. La plateforme entend poursuivre ses investissements dans l'Hexagone, mais appelle les pouvoirs publics à revoir le calendrier d'application des nouvelles règles.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale