Les relations entre la Première ministre italienne Giorgia Meloni et l'ancien président américain Donald Trump ressemblent à un jeu complexe de rapprochements et d'éloignements, selon une analyse publiée par Le Point. Si les deux leaders partagent une vision conservatrice et populiste, leurs positions sur des dossiers clés comme la guerre en Ukraine ou les politiques commerciales révèlent des fractures profondes.
Une sympathie idéologique de façade
Giorgia Meloni, à la tête du gouvernement italien depuis octobre 2022, a souvent exprimé son admiration pour Donald Trump, qu'elle considère comme un modèle de leadership fort. De son côté, Trump a salué la victoire de Meloni, la qualifiant de « grande leader ». Cependant, cette proximité apparente cache des divergences importantes. Selon des sources diplomatiques citées par Le Point, Meloni cherche à maintenir un équilibre entre son soutien à l'OTAN et ses liens avec Trump, qui a critiqué l'Alliance atlantique par le passé.
L'Ukraine, point de friction majeur
Sur la question ukrainienne, les positions divergent nettement. Meloni, alignée sur la ligne européenne, soutient fermement l'Ukraine face à la Russie et a approuvé les sanctions contre Moscou. En revanche, Trump a exprimé à plusieurs reprises son admiration pour Vladimir Poutine et a suggéré qu'il pourrait reconnaître l'annexion de territoires ukrainiens pour mettre fin au conflit. Cette différence stratégique pourrait compliquer les relations bilatérales si Trump revenait au pouvoir en 2024.
Commerce et nationalisme économique
Un autre sujet de discorde est le commerce international. Trump prône un protectionnisme agressif, avec des droits de douane élevés, tandis que Meloni, tout en étant nationaliste, doit composer avec les règles de l'Union européenne et les intérêts économiques italiens. L'Italie, fortement exportatrice, pourrait souffrir d'une guerre commerciale déclenchée par Washington. Selon des analystes économiques, une hausse des tarifs douaniers américains pourrait coûter à l'Italie jusqu'à 2 milliards d'euros par an.
Un jeu d'équilibriste pour Meloni
Pour Meloni, l'enjeu est de ménager à la fois ses électeurs pro-Trump et ses partenaires européens. Elle doit également gérer les attentes de son parti, Fratelli d'Italia, qui entretient des liens avec des mouvements conservateurs américains. Selon un proche du gouvernement italien cité par Le Point, « Meloni veut être une pont entre l'Europe et les États-Unis, mais Trump rend cette tâche difficile ».
Vers une normalisation des relations ?
Malgré ces tensions, les deux dirigeants pourraient trouver un terrain d'entente sur des sujets comme l'immigration ou la lutte contre le wokisme. Trump a salué la politique migratoire stricte de Meloni, tandis que celle-ci apprécie le discours anti-establishment de l'ancien président. Toutefois, l'avenir de leur relation dépendra largement de l'issue de l'élection présidentielle américaine de 2024. En attendant, le « je t'aime moi non plus » continue, entre déclarations d'amitié et passes d'armes diplomatiques.



