Publicité Mondial 2026 : le Paraguay a-t-il manqué de respect au football ?
Mondial 2026 : le Paraguay a-t-il manqué de respect au foot ?

Deux journalistes du service des sports de Var-matin s'affrontent sur la question : le Paraguay a-t-il manqué de respect au football lors de son huitième de finale contre la France ?

Pour Léon Riva, c'est oui : le vice a ses limites que les Paraguayens ignorent

Attendre le coup d'envoi à 23 heures, passe encore, même si ces horaires américains sont une vraie malédiction pour les supporters qui se lèvent tôt. Mais patienter jusqu'au cœur de la nuit pour assister à une telle bouillie, de la première à l'ultime seconde d'un match, non merci !

On n'attendait pas du Paraguay qu'il se mue en une machine à jouer. Tactiquement, il y avait plus de chance pour les Sud-Américains de se qualifier au terme d'une séance de tirs au but qu'en défiant droit dans les yeux, ballon au pied, l'armada tricolore. Mais leur performance, sous le couvert d'une agressivité d'outsider, s'est révélée plus proche de l'antisportif que de la décision tactique.

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Coup de coude en douce, coup de pied à peine dissimulé, provocations verbales incessantes. De toutes ces petites vulgarités, aucune n'égale vraiment l'ultime grossièreté du soir : pris à contrepied sur le penalty transformé par Kylian Mbappé, le gardien paraguayen Orlando Gill jetait le ballon qu'il n'avait su capter dans le dos du capitaine français.

Au-delà du football, c'est peut-être finalement à eux-mêmes, et à toute une nation, que les Guaranis ont manqué de respect samedi soir.

Pour Pierre Mickaël Ayi, c'est non : le Paraguay est le méchant idéal

Le Paraguay n'a manqué de respect ni au football, ni à personne. Il a juste rappelé une vérité qui dérange : le football n'est pas Danse avec les stars. Il n'y a pas de bonus pour les arabesques.

On reproche aux Guaranis d'avoir garé le bus. Très bien. Mais si le bus arrive à l'heure, où est le problème ? On ne demande pas à une petite citadine de battre une Formule 1 en ligne droite. Le Paraguay a joué avec ses moyens, comme Rocky face à Apollo Creed : moins de talent, beaucoup de coups encaissés et une idée fixe, rester debout.

Et s'il a donné la sensation de tuer le match, c'est surtout parce que la France n'a jamais trouvé le mode d'emploi. Un coffre-fort n'est pas irrespectueux parce qu'il reste fermé.

La beauté n'était pas au rendez-vous, c'est vrai. Mais l'émotion, elle, était bien là. Celle qui fait applaudir l'Atlético de Diego Simeone, la Grèce championne d'Europe en 2004, l'Italie de mon enfance. Ce match, comme son ancêtre de 1998, restera dans les annales. Le 3-0 contre la pauvre Suède en 16e ? Pas sûr.

La grandeur d'une histoire se mesure souvent à celle de son adversaire. Le Paraguay n'était pas le héros. Il était l'obstacle. Et sans obstacle, il n'y a ni exploit, ni légende.

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