Mégaferme en Gironde : un système 2 à 13 fois plus émetteur de carbone
Mégaferme en Gironde : 2 à 13 fois plus de carbone

Une mégaferme installée en Gironde, spécialisée dans l'élevage de saumons, émet entre deux et treize fois plus de carbone que les systèmes d'élevage classiques en mer. C'est le constat alarmant d'une étude publiée récemment, qui remet en cause l'image écologique de ces installations terrestres.

Des chiffres qui interpellent

Selon les travaux de chercheurs, cette mégaferme, qui se présente comme une alternative durable à la pêche intensive, génère en réalité un bilan carbone nettement plus lourd. En comparant les émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble du cycle de vie, l'étude révèle que ce système émet de deux à treize fois plus de CO2 que les élevages en mer. Ces résultats ont été présentés dans le cadre d'une analyse approfondie des pratiques d'élevage.

L'étude, menée par des scientifiques indépendants, a pris en compte plusieurs facteurs : la consommation d'énergie pour le pompage et le traitement de l'eau, la production d'aliments pour poissons, ainsi que les infrastructures nécessaires. Elle souligne que les systèmes terrestres fermés, bien que promus pour éviter la pollution des océans, ont un coût environnemental caché important.

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Un impact environnemental sous-estimé

Les défenseurs de ces mégafermes mettent en avant la réduction des risques de maladies et la maîtrise des rejets, mais l'étude démontre que l'empreinte carbone est considérablement plus élevée. En effet, la production d'électricité nécessaire au fonctionnement de ces installations, souvent issue de sources fossiles, pèse lourd dans la balance. De plus, la fabrication des aliments à base de soja ou de poissons sauvages aggrave encore le bilan.

Les chercheurs insistent sur la nécessité de repenser ces modèles. « Il est essentiel de prendre en compte l'ensemble du cycle de vie avant de vanter les mérites écologiques de tels projets », a déclaré l'un des auteurs de l'étude. Ce constat intervient alors que de nombreux projets de ce type sont en développement en France et en Europe.

Des conséquences pour la filière

Cette révélation pourrait avoir des répercussions sur les politiques publiques et les subventions accordées à ces installations. Les associations environnementales, déjà critiques, y voient une confirmation de leurs inquiétudes. Elles appellent à une évaluation plus transparente des impacts avant tout nouvel investissement.

En attendant, les consommateurs sont de plus en plus sensibles à l'origine des produits. La mention « élevé à terre » pourrait perdre de son attrait si elle est associée à une empreinte carbone élevée. Les producteurs devront donc trouver des solutions pour réduire leurs émissions, notamment en utilisant des énergies renouvelables ou en optimisant leurs procédés.

Cette étude ouvre un débat plus large sur la durabilité de l'aquaculture intensive, qu'elle soit en mer ou à terre. Elle souligne la complexité des choix environnementaux et la nécessité d'une approche globale, loin des solutions simplistes.

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