Marmottes écrasées au col de la Bonette : l'espèce en danger ?
Marmottes écrasées à la Bonette : l'espèce en danger ?

« Lors de récentes ascensions, j’ai été le témoin impuissant d’un triste spectacle : plusieurs marmottes gisaient sans vie sur le bitume, mortellement percutées par des automobilistes et des motards lancés à vive allure. » Le témoignage de Lloyd, un vacancier qui passe ses vacances en France depuis plus de trente ans, décrit une scène qui se répète chaque été sur la route du col de la Bonette, au cœur du parc national du Mercantour.

Ce constat intervient en pleine saison estivale, période durant laquelle la fréquentation du col atteint son pic. Malgré les panneaux « Attention : marmottes » installés le long de la chaussée, les mammifères paient un lourd tribut à la circulation. Lloyd en appelle « à la responsabilité de chacun pour préserver la biodiversité de nos montagnes et mettre fin à ce massacre évitable, à la portée de l’action humaine ».

Un phénomène « habituel » pour le maire

Du côté des élus locaux, on ne nie pas les faits, mais on les relativise. Le maire de Saint-Dalmas-le-Selvage, Cédric Issautier, dont la commune abrite le col, estime que ce phénomène « n’est pas plus important que les autres années. C’est habituel, malheureusement. »

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Il avance une explication comportementale : « Ce sont souvent de petites marmottes qui se font percuter car leurs trous sont proches de la route et qu’elles traversent pour aller chercher de la nourriture ou pour lécher le sel déposé sur les routes pour éviter qu’elles gèlent en hiver. »

Les habitudes alimentaires des marmottes les poussent donc à traverser les axes routiers, avec un risque particulièrement élevé en été, lorsque le trafic est soutenu et que les jeunes quittent le terrier familial.

Une fréquentation estivale massive

Le col de la Bonette attire chaque été des milliers de touristes à moto, en voiture ou à vélo. Selon le maire, « l’an dernier, entre 130 000 et 140 000 véhicules ont emprunté le col de la Bonette ». Un trafic important sur une route de montagne étroite où la faune est peu habituée aux véhicules.

Pour tenter de réduire les accidents, la vitesse a été abaissée à 50 km/h et des contrôles routiers sont régulièrement organisés. « Mais les marmottes se font toujours percuter », déplore Cédric Issautier. Malgré ces mesures, les collisions demeurent difficiles à éviter, car les marmottes traversent rapidement et sont peu visibles sur le revêtement.

Des panneaux régulièrement volés

La signalisation ne suffit pas toujours. Il y a quelques années, les panneaux « Attention : marmottes » étaient régulièrement dérobés. Le parc national du Mercantour avait alors pointé des vols « par des collectionneurs ». Le maire assure que la situation s’est améliorée : « Aujourd’hui, à chaque fois que je passe, les panneaux sont bien présents. S’ils sont encore volés, ils sont tout de suite remplacés. »

Cette vigilance permet de maintenir une sensibilisation des automobilistes, même si l’efficacité reste limitée, comme en témoignent les accidents constatés chaque été.

L’espèce n’est pas menacée

Faut-il s’inquiéter pour la survie des marmottes dans le secteur ? Cédric Issautier se veut rassurant : « L’espèce n’est pas menacée. Les marmottes qui vivent en zone “cœur de parc” ne sont pas recensées mais elles sont nombreuses. On constate seulement une légère baisse de la population pour celles qui se situent hors parc, comme sur la route du col. »

La mortalité routière ne remet donc pas en cause la pérennité des colonies du Mercantour, même si chaque collision reste une perte pour la biodiversité locale. Pour Lloyd, la priorité est néanmoins de réduire ce « massacre évitable » en responsabilisant les conducteurs, afin que la cohabitation entre tourisme et faune sauvage devienne moins meurtrière.

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