Juan-les-Pins : 60 ans d'histoire juive sur la Côte d'Azur
Juan-les-Pins : 60 ans d'histoire juive sur la Côte d'Azur

Plus de 60 ans après l'arrivée des familles juives d'Afrique du Nord, la communauté d'Antibes Juan-les-Pins est devenue l'un des exemples les plus réussis de reconstruction communautaire dans le sud de la France, selon le consistoire israélite local. Attestée dès l'Antiquité et au Moyen Âge, l'histoire juive de la station balnéaire s'est reconstruite au début des années 1960, avec l'édification de sa synagogue en 1990 et une vie locale très dynamique.

Une arrivée massive après l'indépendance de l'Algérie

Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, plusieurs milliers de Juifs d'Afrique du Nord rejoignent la métropole, dont Antibes Juan-les-Pins. « Une partie d'entre eux choisissent de s'installer sur la Côte d'Azur, attirés par le climat méditerranéen, la proximité culturelle avec leur terre d'origine et les opportunités économiques offertes par la région », relate le consistoire israélite d'Antibes sur son site.

« Notre communauté locale est majoritairement séfarade (originaire du bassin méditerranéen et du Maghreb) », confirme Éric Essayagh, président de l'association cultuelle israélite locale. Lui-même est le fils d'un père rapatrié d'Algérie, ayant grandi dans une communauté où Ashkénazes et Séfarades « priaient ensemble ».

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Une renaissance après des siècles de présence dispersée

Avant cette arrivée massive, la présence juive dans la cité des remparts était « individuelle et dispersée ». Sur place, l'on ne dénombrait jusqu'alors qu'une inscription funéraire grecque et quelques traces d'une petite communauté au XVIIIe siècle, avant les expulsions qui touchèrent les Juifs de Provence.

Petit à petit, les nouveaux arrivants s'organisent : une ancienne villa convertie en synagogue, baptisée Elihaou-Hanavi, ainsi qu'un centre culturel servant parfois de lieu de culte depuis sa construction dans les années 1990, vont voir le jour sur le chemin des Sables. « Ces familles vont progressivement structurer une véritable vie communautaire. Les rites, les mélodies liturgiques et les traditions religieuses héritées d'Afrique du Nord constituent encore aujourd'hui l'une des caractéristiques majeures de la communauté », détaille le consistoire.

Un lieu de villégiature prisé et l'arrivée de la mouvance Loubavitch

Juan-les-Pins devient peu à peu un lieu de villégiature prisé des Juifs étrangers, venus surtout d'Amérique du Nord et du Sud, d'Europe et de la région parisienne. Mais aussi des habitants des villes voisines, qui viennent profiter d'une offre cacher très importante. Une recette qui fonctionne, estime le consistoire : « Plus de soixante ans après, la communauté antiboise et juanaise constitue l'un des exemples les plus réussis de reconstruction communautaire dans le sud de la France. »

Plus récemment, une autre branche du judaïsme, dite Habad-Loubavitch, a durablement posé ses valises à Juan-les-Pins. Elle est incarnée par le couple Mendel et Hannah Sebag, envoyés sur place – et à vie – par l'émissaire Rav Yossef Yitschok Pinson, de Nice, en 2001. Ce dernier a vu sur ce bord de mer « un vrai potentiel » qui ne s'est pas démenti avec le temps. La synagogue Beth-Habad, très restreinte à l'époque, s'est agrandie pour atteindre aujourd'hui 200 places sur le boulevard Amiral-Courbet.

Des lieux d'instruction émergent aussi depuis peu, notamment le lycée privé hors contrat Beth-Sarah, ouvert dans un ancien hôtel et qui vient de terminer son premier cycle, ainsi qu'un Talmud Torah pour l'enseignement religieux. Plutôt que de se séparer des premiers arrivants, le mouvement Loubavitch revendique s'être construit « en complément » de celle des Séfarades pour proposer de nouveaux services religieux, éducatifs et d'entraide.

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