Incendie Minervois : flammes à 50 mètres en 10 minutes, 950 hectares brûlés
Incendie Minervois : 950 ha brûlés, évacuations dramatiques

Mercredi 1er juillet en milieu d’après-midi, un important incendie s’est déclaré dans le secteur d’Oupia et Beaufort, dans l’ouest de l’Hérault. Selon le dernier bilan de ce jeudi, 950 hectares ont été touchés. À Pouzols-Minervois, les habitants ont été évacués. Les témoignages recueillis par Midi Libre décrivent une propagation d’une rapidité effroyable.

Un feu qui a bondi la D5 malgré les moyens déployés

Le directeur du Sdis de l’Aude, le colonel Christophe Magny, se voulait confiant mercredi matin : « Nous nous donnons tous les moyens pour fixer le feu pour midi sur le flanc droit de la commune de Pouzols. » Mais le coup de vent tant redouté est venu compliquer le travail des pompiers. En début d’après-midi, le feu a brutalement sauté la route départementale numéro 5, dite La Minervoise, pour se diriger à grande vitesse vers le petit village de La Valière. Les Canadair, qui écopaient sur l’étang de Bages, ont multiplié les largages en vain, les flammes poursuivant leur périple attisées par le vent. « Nous savions qu’il fallait contenir le feu avant le début de l’après-midi parce que le facteur vent plus le taux d’humidité très bas allaient travailler contre l’action des pompiers, a confirmé le colonel Magny. De plus, la tempête Nils a couché nombre d’arbres au sol qui sont autant de carburant pour le feu. C’est dramatique et nous ne sommes qu’au début du mois de juillet. Habituellement, ce type de sinistre, nous ne voyons ça qu’en août. »

Des flammes de plus de 15 mètres de haut

« Je voyais le feu, puis tout d’un coup des policiers sont venus frapper à ma porte en hurlant ‘il faut évacuer’, raconte Béatrice Bourrel, la première adjointe au maire de Pouzols. Je garde des enfants, j’ai eu quelques minutes pour réagir. Je les ai pris tous les deux, plus mes animaux, pour qu’ils ne prennent pas peur. J’ai mis de la musique dans la voiture et nous sommes partis nous mettre à l’abri avec les pompiers. Les parents les ont récupérés puis je suis allée sur le poste de commandement des secours pour aider. » Denis, un habitant de Pouzols, témoigne de la rapidité de propagation : « En moins de dix minutes, les flammes que j’imaginais au loin se sont retrouvées devant la maison, à tout juste 50 mètres. J’ai tout lâché et j’ai fui. » Ce jeudi matin, Denis a pu rentrer chez lui, les flammes n’ont pas atteint sa maison. Il était soulagé. Béatrice Bourrel, comme beaucoup d’habitants, aidait toujours les sinistrés. La gérante de l’Auberge, face au poste de secours, distribue depuis mercredi boissons fraîches et café aux pompiers : « Heureusement qu’ils sont là, ils nous aident et sont venus sans se poser de questions au secours de tous. C’est de mon devoir de les aider et d’être solidaire. »

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Une nonagénaire évacuée : « La fumée était si épaisse, on se serait cru en hiver »

Denise, 99 ans, a quitté précipitamment sa maison avec sa fille pour se mettre en sécurité à Sainte-Valière, dans la salle des fêtes ouverte par la mairie. « Franchement, la fumée était tellement épaisse que l’on se serait cru en plein hiver. Nous n’étions pas dans le noir mais pas loin. J’avoue que nous étions un peu effrayées avec ma fille, mais on savait qu’il ne fallait pas bouger. Alors on attendait ! Un monsieur est venu nous voir en nous assurant qu’il fallait bouger. La maison ne risquait rien, mais il ne fallait pas rester. C’est ce que nous avons fait et nous sommes venues nous mettre à l’abri et surtout nous reposer ici. C’est bien, nous sommes au calme et on nous tient au courant de l’évolution du feu. A priori la maison ne risque rien. Cela fait des années que j’habite là, je n’avais jamais rien vu de pareil. C’est fou quand même. » Gérard Dauzat, le maire de Sainte-Valière, a répondu présent dès que la municipalité de Pouzols a appelé à l’aide : « Dès que l’on nous a appelés, nous nous sommes préparés. C’est ce que j’appelle la solidarité. Il n’était pas question de laisser qui que ce soit dans la difficulté. » Mercredi soir, une grosse dizaine de personnes étaient réunies dans la salle des fêtes pour se détendre en attendant de pouvoir regagner leur domicile.

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Un dispositif de 750 pompiers toujours en place

À 18 heures ce jeudi soir, 750 pompiers étaient toujours engagés et 244 largages avaient été effectués. Deux Canadair et deux Dash restaient mobilisés, tandis que les hélicoptères étaient envoyés sur Narbonne où un autre départ de feu était à contrôler rapidement. L’objectif à Pouzols était de fixer le feu avant 21 heures, alors que le vent ne faiblissait pas. Le sous-préfet de Narbonne, Thierry Mailles, a insisté : « Les deux épisodes de canicule ont brutalement asséché la végétation, ils font que tout ce qui est au sol nourrit le feu qui avance très vite. » Depuis mercredi, plus de 700 pompiers sont mobilisés pour contenir le premier gros feu de l’été, entre l’Hérault et l’Aude. Un dispositif qui avait été adapté mercredi, réduisant l’effectif à 500 hommes sur le terrain afin de permettre aux autres de se reposer. Mais face à la reprise des flammes qui montaient à plus de 15 mètres de haut et à l’évolution défavorable du sinistre, tous les soldats du feu ont été renvoyés au front.