Frontignan suspend l'effarouchement des étourneaux
Frontignan suspend l'effarouchement des étourneaux

La municipalité de Frontignan a annoncé le 14 octobre la suspension de sa campagne d'effarouchement des étourneaux, initialement prévue jusqu'au 19 octobre. Les premiers résultats sont jugés « encourageants », mais la LPO Occitanie dénonce une méthode qui ne fait que déplacer les oiseaux sans résoudre le problème de fond.

Des nuisances importantes pour la ville

Depuis plusieurs semaines, les milliers d'étourneaux installés à Frontignan causent des désagréments significatifs : bruit, trottoirs et véhicules maculés de fientes, mobilier urbain souillé et odeurs tenaces. Dans un communiqué du 29 septembre, la mairie soulignait que « l'accumulation de leurs déjections pose des problèmes de propreté et de salubrité publique, tout en nécessitant des nettoyages répétés, coûteux pour la collectivité ».

Interrogée sur le coût exact, la municipalité indique ne pas disposer « d'un chiffrage distinct ». Elle précise toutefois que « les services communaux constatent que la présence importante d'étourneaux dans certains secteurs impose des passages plus fréquents et des heures de nettoyage supplémentaires pour éliminer les déjections ».

Une population en expansion

Les étourneaux, apparus autour de Pézenas dans les années 1950, ont rapidement colonisé les plaines puis les villes. Aujourd'hui, aux oiseaux migrateurs venus passer l'hiver s'ajoute une population sédentaire de plus en plus nombreuse. Selon Pierre Maigre, président de la LPO Occitanie, « les étourneaux se réfugient de plus en plus en ville, où les prédateurs sont moins présents et les températures plus clémentes en hiver ».

Une campagne interrompue plus tôt que prévu

La campagne d'effarouchement avait débuté le 5 octobre, avec une fin programmée au 19 octobre. Le dispositif consistait à utiliser des détonations sonores pour inciter les oiseaux à quitter les lieux, sans les abattre. Les zones concernées comprenaient le boulevard Gambetta, les places du Jouteur, Jean-Jaurès et Gabriel-Péri, les abords de l'Hôtel de Ville et des écoles des Lavandins, le square de la Liberté, ainsi que les rues Embars et Anatole-France.

Les tirs étaient effectués par le garde champêtre et la police municipale, avec un matériel spécifique, au coucher du soleil, moment où les oiseaux rejoignent leurs dortoirs urbains. Le jour, les étourneaux quittent la ville pour se nourrir dans les plaines agricoles, où ils peuvent endommager certaines cultures, notamment la vigne, mais où ils se montrent aussi utiles en consommant vers et insectes ravageurs.

Le 14 octobre, la municipalité a annoncé sur les réseaux sociaux que « les premiers résultats encourageants de la campagne permettent de suspendre les interventions », sans fournir plus de précisions. Elle a ajouté que « cette suspension reste toutefois réversible : les interventions pourront reprendre si nécessaire, avec une nouvelle information auprès des habitants ».

Une méthode critiquée par la LPO

Frontignan n'est pas un cas isolé, de nombreuses villes françaises étant confrontées à des nuisances liées aux rassemblements d'étourneaux. Pour Pierre Maigre, cette technique d'effarouchement, comme celle employée précédemment à Frontignan avec une voiture diffusant le cri du geai, n'est qu'une « méthode à court terme. Ces campagnes ont pour seule conséquence de pousser les oiseaux un peu plus loin, dans une autre rue, un autre quartier ou une autre commune ».

Selon lui, les oiseaux s'adaptent rapidement : « Cela ne marche que quelques jours. Ils reviennent ensuite et restent, car ils finissent par s'habituer aux détonations. Les oiseaux s'adaptent à leur environnement. Il n'y a pas que l'homme qui est doué d'intelligence. » Pierre Maigre estime que ces opérations visent surtout à rassurer les habitants, sans résoudre le problème.

Des alternatives existent pourtant. Les étourneaux préférant les arbres feuillus, l'élagage rendrait leur lieu de rassemblement moins attractif. Le président de la LPO préconise également l'introduction d'un prédateur : avec des pertes dans leurs rangs, les oiseaux partiraient d'eux-mêmes avant le retour du printemps.