Atmo Occitanie a rendu publics les résultats de la phase 1 de son suivi de la qualité de l'air autour du dépôt d'hydrocarbures de GDH, filiale de BP, classé Seveso haut à Frontignan. Présentés le 17 juin lors de la dernière commission de suivi du site, ces chiffres étaient très attendus par les habitants qui signalaient depuis des années des odeurs tenaces (hydrocarbures, soufre, ammoniac…) et s'inquiétaient des émanations du dépôt pétrolier situé au cœur de la commune.
Neuf sites de mesure et trois campagnes
Pour mener ses analyses, Atmo Occitanie a installé des capteurs passifs sur neuf points stratégiques : à l'intérieur du dépôt, à proximité des cuves et au poste de chargement des camions, mais aussi dans les quartiers résidentiels au nord-ouest et sud-est de la commune, à La Peyrade-Ouest et à Frontignan-Plage. Les mesures ont été effectuées sur trois périodes de quinze jours entre fin septembre et mi-novembre 2025, pendant le dégazage d'une cuve, afin de capter les concentrations les plus élevées. L'orientation du vent – tramontane ou marin – a été également prise en compte.
Au total, onze composés organiques volatils ont été mesurés, dont trois traceurs (benzène, ETBE et MTBE). Sans surprise, les concentrations les plus fortes ont été relevées à l'intérieur du site, à proximité des cuves nord et du poste de chargement des camions, et plus particulièrement par vent de tramontane, et pour tous les composés organiques volatils. Les riverains sont aussi concernés par ces pics lors des phases de dégazage, mais dans des proportions moindres que dans l'enceinte du dépôt. Le toluène, lui, ressort élevé sur tous les sites, aussi bien dans le dépôt que dans les quartiers habités.
Des traceurs en hausse lors des dégazages
Pour les traceurs, la concentration de MTBE est également élevée lors des dégazages, et particulièrement près des cuves nord. Pour l'ETBE, les mesures révèlent des concentrations cinq fois plus élevées à proximité du chargement des camions durant les deux premières séries de mesures (du 29 septembre au 13 octobre, et du 13 au 27 octobre), puis près des cuves nord lors du troisième relevé (du 27 octobre au 12 novembre). En revanche, pour le benzène, substance réglementée pour ses effets sur la santé, celui-ci affiche des concentrations conformes à la norme française actuelle autour de 5 μg/m³. Mais la future valeur limite européenne, fixée à 3,4 μg/m³ à partir de 2030, sera d'ores et déjà dépassée à l'intérieur du site : plus de 4 μg/m³ près des cuves nord et plus de 3,5 μg/m³ au poste de chargement des camions, aujourd'hui, en période de dégazage. Les riverains, eux, ne devraient pas être concernés par ces dépassements, selon l'étude.
Une deuxième phase de mesures prévue
Une deuxième phase de mesures est prévue cette année, avec un renouvellement du suivi par tubes passifs et l'installation d'un analyseur automatique des composés organiques volatils. Deux nouvelles campagnes de mesures en continu viendront compléter le bilan. Cette étude s'inscrit dans une convention signée entre Atmo Occitanie et l'entreprise GDH pour la période 2024-2026, financée par cette dernière. Elle fait également écho au chantier de réhabilitation des sols de l'ancienne raffinerie, dont les travaux viennent de s'achever.
Les demandes des riverains
Siégeant au collège "Riverains d'installation classée", l'association des Riverains du quartier Près Saint-Martin et du canal du Rhône propose des mesures en continu, plus pertinente pour le benzène, considérant que les capteurs passifs installés ne permettent que des mesures en "moyenne", jugées trop imprécises. Elle demande, par ailleurs, que deux capteurs supplémentaires soient installés au niveau du quai Voltaire et du quai Rousseau, ainsi que la réalisation d'une évaluation du risque sanitaire, déjà formulée en 2025.



