Canicule : la chaleur recule en France mais frappe l'Est de l'Europe
Canicule : la chaleur recule en France mais frappe l'Est

La canicule recule en France mais se déplace vers l'Est

La majorité de la France respire enfin. La vigilance orange canicule a été levée ce lundi 29 juin dans toute l'Île-de-France et neuf départements de l'Est, selon Météo-France. Cependant, trois départements du Sud-Est et la Corse restent en alerte orange. Mais si la chaleur reflue dans l'Hexagone, ce n'est pas le cas dans toute l'Europe. La chape d'air brûlant se déplace vers l'est du Vieux Continent où plusieurs pays ont battu des records de température ce week-end. Conséquence du changement climatique, cette canicule est la plus sévère à avoir jamais été mesurée en Europe, et a fait de nombreux morts.

Des records de température en Allemagne, en Pologne et en République tchèque

Samedi, les records historiques absolus se sont accumulés : 37 °C au Danemark, 41,7 °C en Allemagne, où un nouveau record de température minimale nocturne a également été enregistré dans la nuit de samedi à dimanche : 29,4 °C à Kubschütz (ouest), contre 27,2 °C en août 2003. Dimanche, la République tchèque a enregistré un nouveau record, à 41,1 °C, une valeur relevée à Doksany, au nord de Prague. Même chose en Pologne, avec 40,5 °C, où de nombreux trains ont été annulés ou retardés. À Berlin, la police entend à nouveau faire usage de canons à eau pour aider les habitants à se rafraîchir. Dans toute l'Allemagne, de nombreuses compétitions sportives et événements culturels ont été annulés. De nombreuses villes ont signalé une pression extrême sur leurs équipes de secours. À Dresde (ouest), les pompiers ont fait état d'un record d'interventions samedi.

Une « bulle froide » de l'Atlantique accentue la chaleur

Ces chaleurs pourraient être accentuées par une « bulle froide » de l'Atlantique, vaste zone d'eaux anormalement froides au sud de l'Islande et du Groenland. Des études suggèrent qu'elle modifie la trajectoire et la vitesse du courant-jet atmosphérique, qui balaye le continent d'ouest en est. Ces changements peuvent favoriser la formation de systèmes de hautes pressions qui stagnent au-dessus de l'Europe, comme le « dôme de chaleur » actuel. « Cette succession d'événements (...) explique pourquoi l'Europe se réchauffe plus rapidement que d'autres régions du monde durant l'été », a déclaré à l'AFP Marilena Oltmanns, physicienne spécialiste de l'océan et du climat, professeure à l'université de Brême (Allemagne).

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Impact sur la biodiversité marine et alertes des scientifiques

La hausse du mercure affecte aussi les mers, conduisant à un appauvrissement de la biodiversité. Sur la plage de Wimereux, dans le nord de la France, Grégory Beaugrand, directeur de recherche au CNRS, a constaté que les organismes qu'il prélève régulièrement sont de plus en plus petits. Quand la composition du plancton se modifie, « tous les niveaux » de la chaîne alimentaire changent : « Les poissons qui aiment les eaux froides sont en train de disparaître » de la Manche, a-t-il expliqué à l'AFP.

Les responsables politiques « passeront à autre chose » lorsque l'épisode record de canicule sera terminé, craint le paléoclimatologue français Jean Jouzel, vice-président du Giec, dans un entretien dimanche. « Le Giec n'a pas exagéré. Ce que l'on vit, c'est ce qu'on anticipe depuis cinquante ans. Ça doit inciter tous les citoyens à tenir compte de ce que les scientifiques disent. Les gens ferment les yeux, mais c'est extrêmement sérieux », a-t-il alerté.

Plus de 1 300 morts attribuables à la canicule en Europe

S'il est encore difficile d'établir un bilan définitif de la mortalité liée à la canicule, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a donné une première estimation. « Plus de 1 300 décès supplémentaires ont été enregistrés depuis le 21 juin en lien avec les températures élevées en Europe », a déclaré dimanche sur X le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. « À l'heure actuelle, 150 millions de personnes vivent sous une chaleur extrême, des centaines de personnes sont décédées, des écoles sont fermées et les réseaux électriques sont mis à rude épreuve », a-t-il ajouté.

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Au moins 191 millions d'habitants ont connu des températures supérieures à 35 °C à un moment de la journée dimanche, selon les calculs de l'AFP, un chiffre en légère baisse par rapport à samedi. En France, les autorités estiment à ce jour le bilan de surmortalité à un millier de morts de plus que la normale depuis le 24 juin, date à laquelle les températures ont dépassé 40 °C à travers le territoire. Ce phénomène touche principalement les plus de 65 ans, a annoncé Santé publique France (SpF), évoquant par ailleurs une hausse de 40 % des seuls décès à domicile.