Forêts en feu : la fausse polémique sur les écologistes
Forêts en feu : la fausse polémique sur les écologistes

Les incendies de forêts qui ravagent le sud de l'Europe ne sont pas la faute des écologistes, ni de la biodiversité. C'est le message que portent plusieurs scientifiques et acteurs de la protection de la nature dans une tribune publiée par Le Monde le 5 août 2026. Ils dénoncent une polémique qui détourne l'attention des véritables causes : le réchauffement climatique et une gestion forestière inadaptée.

Une accusation infondée

Depuis le début de l'été, certains élus et syndicats agricoles ont accusé les écologistes d'être responsables des incendies en raison de leur opposition à l'irrigation ou au débroussaillage. La tribune répond point par point à ces allégations. Selon les signataires, « les forêts ne brûlent pas à cause des écologistes, et encore moins à cause de la biodiversité ».

Les auteurs rappellent que la biodiversité n'est pas un facteur de risque, mais au contraire un allié. Une forêt diversifiée, avec des essences variées et une faune riche, est plus résiliente face au feu. Les zones monospécifiques, comme les plantations de résineux, sont bien plus vulnérables. Ils citent des études montrant que les forêts gérées de manière durable, avec une diversité d'habitats, subissent moins de dégâts lors des incendies.

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Le vrai coupable : le changement climatique

Le réchauffement climatique est le principal facteur de l'aggravation des incendies. En France, la saison des feux s'allonge et s'intensifie. Selon Météo-France, le nombre de jours à risque très élevé a augmenté de 30% en vingt ans. Les sécheresses à répétition et les vagues de chaleur assèchent la végétation, transformant les forêts en poudrière. Les scientifiques estiment que d'ici 2050, la moitié des forêts françaises seront en situation de stress hydrique sévère.

Face à cela, les écologistes ne sont pas des incendiaires, mais des lanceurs d'alerte. Ils réclament depuis des années des mesures d'adaptation : diversification des essences, création de coupures vertes, meilleure gestion de l'eau. Des mesures qui, si elles avaient été appliquées, auraient réduit l'ampleur des feux.

La gestion forestière en question

La tribune pointe également du doigt certaines pratiques de gestion forestière. L'extension des monocultures d'arbres à croissance rapide, comme le pin maritime, a créé des forêts uniformes et inflammables. Par ailleurs, l'abandon de l'entretien des forêts, faute de moyens, a conduit à une accumulation de biomasse sèche, propice à la propagation des flammes. Les auteurs appellent à une gestion plus raisonnée, qui prenne en compte la biodiversité et les services écosystémiques.

Ils rejettent aussi l'idée que la protection de la biodiversité entraverait la lutte contre les incendies. Au contraire, les zones naturelles protégées, comme les réserves, sont souvent mieux gérées et présentent moins de risques. Les signataires rappellent que les feux de forêt sont souvent d'origine humaine, accidentelle ou criminelle, et que la prévention doit passer par la sensibilisation et la surveillance.

Un appel à la raison

Les auteurs concluent en appelant à cesser les polémiques stériles et à concentrer les efforts sur la prévention et l'adaptation. Ils demandent aux pouvoirs publics de renforcer les moyens des pompiers et des forestiers, mais aussi de soutenir la recherche sur les forêts résilientes. « Il est temps de regarder la réalité en face », écrivent-ils, « le changement climatique est là, et nous devons adapter nos forêts pour les protéger, nous protéger, et protéger la biodiversité qui nous est précieuse ».

Cette tribune, signée par une vingtaine de personnalités, dont des chercheurs du CNRS, de l'INRAE et des responsables d'associations de protection de la nature, a été publiée dans le contexte des incendies qui ont déjà détruit plus de 50 000 hectares en France cet été. Elle espère ainsi éclairer le débat public et éviter que la désinformation ne nuise à la lutte contre un fléau qui s'annonce de plus en plus fréquent.

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