L'Office national des forêts (ONF) a dévoilé un plan de gestion visant à restaurer le caractère naturel de la forêt de Fontainebleau, l'un des massifs les plus visités de France. Selon un responsable de l'ONF, « il faut accompagner la forêt pour redevenir un espace naturel ». Ce projet intervient après des décennies de gestion intensive, qui ont favorisé certaines essences au détriment de la biodiversité.
Un constat alarmant sur l'état de la forêt
La forêt de Fontainebleau, qui s'étend sur plus de 22 000 hectares, subit les conséquences du changement climatique et de la pression touristique. Les sécheresses répétées et les attaques de parasites ont affaibli les arbres, notamment les chênes et les pins sylvestres. Selon l'ONF, 30% des arbres présentent un dépérissement significatif. Cette situation a conduit à une baisse de la biodiversité, avec la disparition de certaines espèces animales et végétales.
Un plan de restauration écologique
Le plan de l'ONF prévoit plusieurs mesures. Tout d'abord, il s'agit de réduire l'exploitation forestière dans les zones les plus sensibles, en passant de 60 000 mètres cubes de bois prélevés par an à 40 000 mètres cubes. Ensuite, l'office favorisera les essences locales et résistantes à la sécheresse, comme le hêtre ou le charme. Enfin, des îlots de sénescence seront créés, où les arbres morts seront laissés sur place pour favoriser la vie sauvage.
Un dialogue avec les usagers
La forêt de Fontainebleau accueille chaque année 15 millions de visiteurs, ce qui en fait l'un des espaces naturels les plus fréquentés de France. L'ONF entend associer les usagers à ce projet, via des réunions publiques et des ateliers. « Il faut que les gens comprennent que laisser la forêt évoluer naturellement, c'est aussi accepter des paysages moins ordonnés », explique le responsable. Des sentiers pourront être fermés temporairement pour permettre la régénération.
Un financement encore incertain
Ce plan de restauration nécessite des investissements importants, estimés à plusieurs millions d'euros. L'ONF espère obtenir des subventions de l'État et de l'Union européenne, mais le budget n'est pas encore bouclé. « Nous sommes en discussion avec le ministère de la Transition écologique », précise le responsable. En attendant, les premières mesures devraient être mises en œuvre dès 2024.



