Fermeture du centre LPO de Villeveyrac : un coup dur pour la faune sauvage
Fermeture du centre LPO de Villeveyrac jusqu'à fin 2025

Face à la baisse des subventions publiques et des dons, le centre de sauvegarde de la faune sauvage de la LPO, situé à Villeveyrac, a annoncé sa fermeture temporaire : aucun animal ne pourra y être accueilli jusqu’à la fin de l’année. Le contexte économique actuel aura eu raison de l’activité du centre régional de sauvegarde de la faune sauvage de Villeveyrac, géré par la Ligue de protection des oiseaux (LPO) Occitanie.

Une décision difficile

Par voie de communiqué, l’association a annoncé, ce jeudi 7 août, la fermeture temporaire du site, pour des raisons financières. Plus aucun animal ne sera accueilli au moins jusqu’à la fin de l’année. La décision a été prise lors d’un conseil d’administration exceptionnel qui s’est réuni au cours de la semaine passée, explique Pascal Parmentier, le directeur de la délégation territoriale héraultaise. "On a pris sur nous jusque-là mais nous n’avions plus le choix. C’est un coup dur", se désole ce dernier.

Des subventions en chute libre

La baisse des subventions publiques, entamée depuis 2024, explique en grande partie ces difficultés économiques. "Les départements de l’Hérault et de l’Aude ont arrêté de nous donner alors qu’on touchait 5 000 € de chacun d’entre eux. Les collectivités locales ont aussi donné un peu moins cette année (11 000 €), avec une baisse de 40 % par rapport à l’année dernière. La Région est notre seul financement stable avec 18 000 €", détaille Pascal Parmentier.

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Le centre de sauvegarde bénéficie également d’un soutien de l’État via le fonds vert pour environ 20 % de son budget de fonctionnement. Un budget compris entre 200 000 et 250 000 € "selon les années et le nombre d’animaux accueillis".

Des dons en baisse

Par ailleurs, l’activité fonctionne à 40 % grâce aux dons des particuliers mais, "dans le contexte de crise économique, ils se font plus rares. La générosité des gens est moins importante qu’avant", confie le directeur. Ainsi, contre 80 000 € reçus il y a deux ans, la même somme ne s’élève qu’à 30 000 € en 2025.

Enfin, jusqu’à aujourd’hui, le centre de sauvegarde parvenait à s’auto-financer entre 20 et 40 % grâce aux autres actions de la LPO, à savoir ses missions d’éducation à l’environnement ou son pôle de recherche. "Mais on n’y parvient plus", résume Pascal Parmentier.

Licenciement économique de 4 salariés

Ainsi, pour l’année 2025, le trou dans la raquette s’élève à 110 000 € pour le centre de Villeveyrac. Et l’épisode de canicule fin juin n’a pas aidé à la bonne santé du centre. Ce dernier avait d’ailleurs dû fermer ses portes en raison d’un afflux d’animaux. "On a battu tous les records avec 50 oiseaux qui rentraient par jour. Cela a eu un impact sur notre fonctionnement et nos équipes".

Cette fermeture pour le reste de l’année s’accompagne du licenciement économique de quatre salariés à temps plein : trois soigneuses et une médiatrice en faune sauvage. La centaine d’animaux encore présents au centre seront soignés puis relâchés si leur état de santé le permet. Le site va aussi essayer de maintenir un temps son standard téléphonique "grâce à notre réseau de bénévoles" pour distiller les premiers conseils en cas de découverte d’un animal sauvage blessé et pour orienter vers d’autres centres de soins.

Objectif : réouverture au printemps 2026

"Mais ces derniers sont déjà bien souvent débordés", signale le directeur héraultais de la LPO. À proximité, on recense seulement Goupil Connexion, dans le nord de l’Hérault, ainsi qu’un centre dans le Gard et un autre dans les Pyrénées-Orientales. "Toutes les associations environnementales sont en souffrance dans ce contexte où la priorité des instances publiques, de l’État, n’est pas mise sur l’environnement, sur le changement climatique. Les gens ne comprennent pas qu’on ne soit pas un service public et qu’on ait des moyens si limités", se désespère Pascal Parmentier.

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Et d’illustrer la "pertinence" des actions menées par le centre de sauvegarde : "On a reçu 76 faucons crécerellettes (plus de 1 600 animaux ont été accueillis en 2025, NDLR) qu’on a, en majorité, relâchés. Il y a des résultats". L’objectif, "ambitieux", consiste à rouvrir le centre de sauvegarde et de reprendre les accueils d’animaux au printemps 2026. D’ici là, "on va se retrousser les manches, lâche Pascal Parmentier. Nous allons solliciter à nouveau les collectivités locales, essayer de trouver des solutions, mobiliser le mécénat car pour l’instant nous n’avons que la réserve africaine de Sigean de stable… C’est un modèle économique à revoir".