La saison oléicole a débuté en Dracénie, dans le Var, avec plusieurs semaines d'avance sur le calendrier habituel, en raison du changement climatique. Les moulins de la région, du nord au sud, sont en pleine activité ou s'apprêtent à ouvrir leurs portes. Les premières olives sont déjà broyées au moulin de l'Argens, aux Arcs, tandis que le moulin Gervasoni, à Aups, commencera sa saison lundi 26 octobre 2026.
Un démarrage précoce et des volumes en hausse au moulin de l'Argens
Le moulin de l'Argens, situé entre Le Muy et Les Arcs, a ouvert ses portes le 12 octobre 2026. Dix jours plus tard, il a déjà traité 23 tonnes d'olives, selon les frères Adrien et Sébastien Ciappara, qui dirigent l'établissement. Cette jeune exploitation, qui en est à sa deuxième saison, avait traité une cinquantaine de tonnes l'an dernier. « Nous avons ouvert sans communiquer ou presque, et avons traité une cinquantaine tonnes d’olives sur la saison, ce qui nous a prouvé ce que l’on pressentait : il y a un réel besoin, une vraie attente d’un moulin dans ce secteur du sud de la Dracénie », notent les frères Ciappara.
L'équipement, importé de Toscane, est conçu pour extraire l'huile totalement à froid, à une température ne dépassant jamais 27 degrés. Son système d'extraction en deux phases évite le passage par un séparateur, qui peut chauffer l'huile et lui faire perdre certaines qualités. « L’huile fruité vert a la réputation d’être riche en polyphénols, certains recherchent ça », explique Sébastien Ciappara.
Au moulin Gervasoni, une saison correcte attendue malgré des aléas climatiques
À Aups, le moulin Gervasoni, fondé en 1748 et acquis par le grand-père de Gilles Gervasoni en 1959, ouvrira ses portes lundi 26 octobre 2026. « Nous ouvrons nos portes à partir de ce lundi 26 octobre 2026 », indique Gilles Gervasoni. Il s'attend à « une saison correcte, sans être exceptionnelle ». Les fortes chaleurs successives ont limité les dégâts de la mouche de l'olive, mais les coups de chaud dès le mois de mai ont impacté la floraison de plusieurs variétés.
Le moulin Gervasoni traite environ 700 tonnes d'olives par an, rassemblant plus de 2 000 producteurs. « À partir de quelques kilos, jusqu’à plusieurs dizaines de tonnes ! », précise Gilles Gervasoni. L'établissement a obtenu six médailles cette année aux concours de Paris, Marseille et Brignoles, selon Corinne Gervasoni. « Cette année encore, six médailles au total obtenues aux concours de Paris, Marseille et Brignoles », se réjouit-elle.
Une diversification qui soutient la production oléicole
Les deux moulins, celui de l'Argens et celui de Gervasoni, disposent des agréments pour produire des huiles bio et AOP. Ils traitent les olives de petits récoltants amateurs, mais aussi de gros apporteurs, « comme des domaines viticoles qui se diversifient de plus en plus, par exemple », souligne Sébastien Ciappara. Cette diversification viticole contribue à la croissance de la production oléicole dans tout le territoire.
Les frères Ciappara, d'anciens apiculteurs, voient dans l'oléiculture une complémentarité avec le miel : « C’est la pleine saison des olives quand c’est calme pour les abeilles… », précise Sébastien. Ils espèrent obtenir des récompenses pour leurs huiles, comme ils l'ont fait pour leurs miels. « On est soucieux de la qualité, des variétés, des conditions de trituration… », ajoute-t-il.
La saison s'annonce donc « correcte » en termes d'apports, avec une production oléicole qui semble croître, portée par la diversification viticole et l'engouement pour les huiles de qualité.