À Millau, dans l'Aveyron, la littérature romance connaît un succès remarquable en librairie. Chloé Bouché, libraire spécialiste du genre à la librairie Caumes des livres, observe un public de plus en plus large, avec une forte présence de jeunes filles. Elle souligne l'importance d'orienter et de contrôler les lectures, car certains thèmes ne sont pas adaptés à tous les âges. Des pictogrammes sur les livres aident à guider les choix, et une romance adaptée existe pour chaque génération.
Un club de lecture en plein essor
Face à l'affluence de lectrices, Chloé Bouché a créé un club de lecture qui se réunit tous les deux mois. Parti de cinq personnes, il compte désormais seize membres. La libraire propose des lectures communes, mêlant des titres phares du moment et des ouvrages plus anciens à redécouvrir. « L'automne est la meilleure saison pour lire de la romance », confie-t-elle, évoquant la série Dream Harbor, qualifiée de « super cocooning ».
Des recommandations variées
Parmi ses recommandations figurent For whom the belle tolls de Jaysea Lynn, un romantasy humoristique et moralisateur, et Verity de Colleen Hoover, une romance thriller adaptée au cinéma le 30 septembre. Elle cite aussi Si les étoiles se taisent, premier volume de la série Les Filles du ciel d'Emma Green. Côté nouveautés, le tome 2 de Last time to kill d'Okéanos S., publié le 24 septembre aux éditions New Rules (792 pages), est très attendu. Les arrivées sont constantes : « Trois ou quatre nouveautés par semaine », précise-t-elle.
La new romance, un genre controversé
Ce phénomène, amplifié par les réseaux sociaux, ne fait pas l'unanimité. Zoé Duplessy, qui a repris la librairie Syllabes à Millau avec Nicolas Azema, a volontairement limité son offre. « On a une très petite sélection. En fait on a sélectionné et trié sur le volet les autrices car on ne voulait pas avoir de romance débordante, c'est-à-dire plutôt liée à la pornographie ou à la sexualité un peu intense », explique-t-elle. Elle a conservé Morgane Moncomble, une autrice française de new romance qui aborde des sujets de société comme les troubles de la jeunesse ou les tentatives de suicide, dans un environnement romantique. « Il y a la transmission d'une expérience et pas juste de la sexualité un peu crasse couchée sur papier », ajoute-t-elle, tout en notant que « c'est rare malheureusement dans ce milieu littéraire ».
Des dérives face aux jeunes lectrices
Zoé Duplessy a retiré les livres de dark romance destinés à un public majeur, après avoir vu des jeunes filles de moins de 15 ans demander des ouvrages inadaptés. « Avec les réseaux sociaux, elles se donnent le mot et on s'est retrouvé avec des très jeunes qui lisaient de la pornographie », déplore-t-elle. « J'en ai lu des morceaux, c'est d'une violence inouïe ! » Face à l'impossibilité légale de demander une pièce d'identité en librairie, elle refuse de vendre ces livres à des mineurs sans présence d'un adulte. Les ouvrages restent disponibles sur commande, avec un délai de quelques jours.