Des milliers de signatures et une revendication choc. Face aux logements transformés en « bouilloires » pendant les canicules, une pétition réclame un droit inédit : suspendre le paiement du loyer lorsque l’habitat devient invivable. Lancée par plusieurs associations, dont le Droit au logement (DAL), l’initiative interpelle directement l’État et les bailleurs sur l’adaptation des logements à la chaleur.
Une pétition qui gagne du terrain
Cette pétition baptisée « Pas de volets, pas de loyer » a déjà rassemblé plus de 8.000 signatures. Elle demande la création « d’un droit à la suspension du loyer pour les locataires dont le logement est invivable car dépourvu d’équipements de base contre la chaleur ». Selon Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL, interrogé sur RTL, « pour l’instant, les bailleurs n’ont pas d’obligation ». Il ajoute qu’« il n’y a aucune disposition sérieuse qui prévoit de protéger les locataires contre le réchauffement climatique ».
Des équipements jugés indispensables
Pour les signataires, certains équipements devraient être considérés comme essentiels. « Il faut des volets ou des stores. Il faut un ventilateur au plafond. Il faut un dispositif minimum de rafraîchissement », insiste Jean-Baptiste Eyraud. La pétition vise à faire reconnaître ces besoins comme des obligations pour les bailleurs, au même titre que le chauffage en hiver.
Un appel à la mobilisation des locataires
Au-delà de la pétition, le mouvement appelle à une mobilisation concrète des locataires. « On dit aux locataires : réveillez-vous, signez la pétition pour commencer », lance le porte-parole. Il évoque aussi une action plus radicale, mais encadrée : « Suspendez le paiement du loyer un mois, pas plus, parce que sinon vous vous exposez à une procédure », prévient-il. Une manière selon lui de « reprendre un peu le pouvoir sur le loyer ».
Un contexte de canicules répétées
Cette initiative intervient après plusieurs épisodes de canicule marquants. De nombreux logements, notamment dépourvus de volets ou de ventilation, se transforment en véritables fournaises. Selon des données relayées par différents médias, une large part du parc immobilier reste mal adaptée à la chaleur. « Un logement sur deux ne protège pas des fortes chaleurs et peut se transformer en véritable bouilloire », peut-on lire dans plusieurs enquêtes récentes.



