RN enrichit l'extrême droite radicale via le Parlement européen
RN enrichit l'extrême droite radicale via le Parlement

Le Rassemblement national (RN) a utilisé son appartenance au groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen pour transférer des fonds à des partis d'extrême droite radicale en Europe. Selon une enquête du journal Le Monde publiée le 30 juin 2026, entre 2019 et 2024, le parti de Marine Le Pen a versé au total 1,2 million d'euros à ses alliés européens via ce groupe parlementaire.

Des transferts ciblés vers des partis radicaux

Les documents consultés par Le Monde montrent que ces sommes ont notamment bénéficié au parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), au FPÖ autrichien, au Vlaams Belang belge et au parti espagnol Vox. Ces formations sont considérées comme faisant partie de l'aile la plus radicale de l'extrême droite européenne. Le RN justifie ces versements par la nécessité de financer des activités communes au sein du groupe ID, comme des campagnes de communication ou des événements politiques.

Selon les règles du Parlement européen, les groupes politiques reçoivent des subventions pour leur fonctionnement. Ces fonds peuvent être redistribués entre les partis membres. Toutefois, l'enquête révèle que le RN a systématiquement dirigé une part importante de ses propres subventions vers des partis plus radicaux que lui, renforçant ainsi leur influence.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un mécanisme opaque de financement

Le mode de fonctionnement est simple : chaque eurodéputé du RN perçoit une dotation pour son groupe. Le RN reverse ensuite une partie de cette dotation à ses partenaires. En 2023, par exemple, le parti a transféré 300 000 euros à l'AfD, soit près du quart de ses propres recettes parlementaires. Ces transactions sont légales mais peu transparentes, car elles ne sont pas soumises à un contrôle public détaillé.

Interrogé par Le Monde, un porte-parole du RN a déclaré : « Ces versements sont effectués dans le cadre de la coopération normale au sein du groupe ID. Ils permettent de mener des actions politiques communes et de défendre nos idées en Europe. » Cependant, des critiques estiment que cette pratique permet au RN de contourner les limites nationales de financement des partis politiques.

Des conséquences sur l'équilibre politique européen

Ce financement a des répercussions concrètes. L'AfD, qui a reçu près de 600 000 euros du RN entre 2019 et 2024, a pu mener des campagnes plus agressives en Allemagne. De même, le FPÖ autrichien a bénéficié de 200 000 euros pour ses activités. Ces transferts contribuent à la montée en puissance de l'extrême droite radicale en Europe, alors que les élections européennes de 2024 ont vu une progression significative de ces partis.

Selon un expert en financement politique interrogé par Le Monde, « le RN joue un rôle de banquier de l'extrême droite radicale en Europe. Il utilise les ressources du Parlement européen pour soutenir des partis qui partagent ses idées, mais qui sont parfois trop radicaux pour être acceptés dans d'autres groupes. »

Des précédents et des questions éthiques

Ce n'est pas la première fois que le RN est accusé de financer des partis extrémistes. En 2018, le parti avait déjà été épinglé pour des versements similaires. La différence aujourd'hui est l'ampleur des sommes et la systématisation du mécanisme. Certains eurodéputés d'autres groupes politiques demandent une réforme des règles de financement pour éviter ces détournements.

Le groupe ID, qui compte 73 eurodéputés, est le troisième groupe politique au Parlement européen. Il regroupe des partis nationalistes et souverainistes de plusieurs pays. Le RN en est le principal contributeur financier, ce qui lui confère une influence décisive sur les orientations du groupe.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale