Le site historique du collège Notre-Dame de Bétharram, au cœur d'un vaste scandale de violences, va fermer définitivement cet été. L'annonce a été faite mardi par Guillaume Prévost, secrétaire général de l'enseignement catholique. Les 170 élèves du collège seront accueillis dès la rentrée sur le site d'Igon, situé à seulement quatre kilomètres.
Un transfert rapide et des investissements annoncés
« Le collège de Lestelle-Bétharram va fermer à la fin de l'année scolaire, et l'ensemble de la communauté éducative, dont 170 élèves, seront accueillis à la rentrée sur le site d'Igon », a précisé Guillaume Prévost. Ce site accueille déjà une école primaire et un lycée. Pour assurer ce transfert dès septembre, des travaux de « quelques centaines de milliers d'euros » doivent être réalisés durant l'été. À plus long terme, « plusieurs millions d'euros d'investissement sur plusieurs années » sont prévus pour développer le projet éducatif de l'ensemble scolaire.
Un travail de mémoire et des révélations accablantes
Au-delà de la relocalisation, les responsables promettent un travail de fond. « Le travail de mémoire et de reconnaissance des personnes victimes » va se poursuivre, notamment à la lumière « des conclusions du rapport publié par l'institut Louis Joinet » le 20 juin. Le rapport de cette ONG, spécialisée dans la justice transitionnelle, évoque une ampleur inédite. Entre 700 et 1 500 élèves auraient potentiellement subi des « violences d'une exceptionnelle gravité » à Notre-Dame-de-Bétharram et dans d'autres établissements liés à la congrégation des Pères de Bétharram. Cet « ordre de grandeur », basé sur des projections statistiques « à interpréter avec une extrême prudence », met en lumière des décennies de « violences systémiques » et « institutionnelles » entre 1950 et 2000.
Témoignages récents et justice limitée
Si des alertes existaient dès les années 1990, les révélations ont pris une nouvelle ampleur à partir de l'automne 2023. D'anciens élèves ont multiplié les témoignages, dénonçant fellations et masturbations forcées, supplices et humiliations. À ce stade, près de 250 plaintes ont été déposées. Mais la majorité des faits sont prescrits en raison de leur ancienneté. Seuls deux hommes, un laïc et un religieux, ont pour l'instant été mis en examen.
Un avenir incertain pour le groupe scolaire
Aujourd'hui rebaptisé Le Beau Rameau, le groupe scolaire comprend encore deux internats, l'un pour garçons à Lestelle-Bétharram et l'autre pour filles à Igon. Reste à savoir si cette réorganisation suffira à tourner la page d'un scandale qui s'inscrit sur plusieurs décennies.



