Ollioules : 1 200 € de graines pour pigeons, une subvention assumée
Ollioules : 1 200 € de graines pour pigeons, assumé

Le conseil municipal d'Ollioules a voté, lundi 29 septembre, une subvention exceptionnelle de 1 200 euros à l'amicale ornithologique La Provençale (AOP) pour « acheter des graines » destinées aux pigeons biset. Cette décision s'inscrit dans une stratégie de régulation douce de la population de ces volatiles, testée par la commune depuis l'an dernier.

Un pigeonnier urbain pour contrôler la reproduction

Le grand pigeonnier urbain, situé impasse des Néfliers le long de la Reppe, a été inauguré le 30 août 2025. David Vettese, président de l'AOP, détaille le principe : « L'idée, c'est d'y enfermer environ 200 pigeons, de leur donner à manger et de limiter leurs éclosions en stérilisant un œuf sur deux. » Soixante couples d'oiseaux capturés en ville y sont actuellement en pension complète, dans un chalet en bois où « aucun produit n'est utilisé ».

Le maire d'Ollioules, Robert Bénéventi, précise que cette subvention est destinée à l'association qui gère le pigeonnier : « Ces spécialistes capturent les pigeons et gèrent leurs œufs. Mais évidemment, pour que cela marche, il faut acheter des graines. » Didier Martina-Fieschi, adjoint au maire délégué à la cause animale, ajoute : « Ce n'est pas de la maltraitance, bien au contraire. C'est pour réduire la population de manière douce. »

Un objectif de réduction de 400 naissances par an

Le système repose sur l'habituation des oiseaux au site. Les adultes et les pigeonneaux s'accoutument à l'endroit où ils sont nourris, et leurs reproductions sont contrôlées. À la fin de l'année, les pigeons seront libérés, dans l'espoir qu'ils reviennent y trouver nourriture et abri chaque soir. « À terme, ça fera, chaque année, plus de 400 individus qui ne naîtront pas », compte David Vettese.

Cette méthode vise à limiter les nuisances associées aux pigeons : leurs excréments abîment les bâtiments, ils peuvent transmettre des maladies et, avec trois ou quatre pontes annuelles de deux œufs, leur population peut rapidement devenir trop importante. En France, nourrir les pigeons sur la voie publique expose d'ailleurs à une amende forfaitaire de 68 euros.

Une condition pour la réussite : cesser le nourrissage en ville

David Vettese souligne toutefois une condition essentielle à la réussite de l'opération : « Tout ça ne marchera que si les gens arrêtent de nourrir les pigeons en ville. Il faut que les pigeons aient un intérêt à revenir au pigeonnier ». Il ajoute : « Si on l'ouvrait aujourd'hui, les pigeons adultes retourneraient direct dans le clocher de l'église. »

Le maintien de l'attractivité du pigeonnier, notamment par la qualité des graines, est donc déterminant pour que les oiseaux libérés choisissent d'y rester plutôt que de regagner leurs anciens sites de nidification en ville. La subvention votée par la municipalité doit permettre d'assurer cette transition.