La délinquance enregistrée dans les transports en commun de Montpellier a chuté de près de 70 % depuis 2016, et de 15 % sur un an, selon les chiffres du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Cette baisse est la plus forte parmi les grandes métropoles françaises, malgré une fréquentation en hausse. En 2025, 1 207 victimes de vols, violences, escroqueries ou fraudes ont été recensées, soit 2,3 victimes pour 1 000 habitants.
Une baisse spectaculaire portée par une politique de sécurité
Montpellier Méditerranée Métropole affiche une baisse de 69,7 % des victimes enregistrées entre 2016 et 2025, selon les données du ministère de l'Intérieur. À titre de comparaison, Nice recule de 37 %, le Grand Paris de 34 % et Nantes de 27 %. Toulouse (-14 %), Aix-Marseille (-13 %) et Roissy Pays de France (-13 %) enregistrent des baisses plus modérées, tandis que Bordeaux reste quasi stable (+3 %). Plusieurs métropoles voient au contraire la délinquance progresser : +18 % à Grenoble, +35 % à Lyon et +51 % à Strasbourg.
Le maire de Montpellier et président de la Métropole, Michaël Delafosse, se félicite de ces résultats : « C'est très encourageant », déclare-t-il. Il y voit la confirmation d'une ligne politique : « La gratuité des transports devait s'accompagner d'un effort conséquent en matière de sécurité. »
Une présence humaine renforcée et des outils numériques
La Métropole attribue cette amélioration aux moyens déployés depuis plusieurs années. Créée en septembre 2023, la police métropolitaine des transports compte 42 policiers municipaux intervenant sur les 31 communes du territoire, en lien avec la police nationale, la gendarmerie et les opérateurs de transport. Depuis sa création, elle dit avoir traité plus de 15 000 événements. En 2025, ses interventions ont doublé, et la Métropole annonce une baisse de 33 % de la délinquance constatée sur le réseau TAM.
Autre dispositif : l'application M'Ticket, utilisée par les abonnés, intègre depuis novembre 2025 un bouton SOS discret permettant de signaler une agression, un harcèlement ou une situation de danger. Le dispositif revendique aujourd'hui 420 000 utilisateurs.
Des résultats à nuancer et des ambitions pour la suite
Le premier adjoint chargé de la sécurité, Sébastien Cote, reconnaît les limites des chiffres : « Je ne suis pas dans le déni. On sait que la société est violente, qu'il y a beaucoup d'incivilités, des gens alcoolisés, ceux qui parlent fort, qui se comportent mal… » Il ajoute : « Je ne crie pas victoire, mais je salue le gros travail de TAM et le travail de coordination avec tous les acteurs de la sécurité. »
Michaël Delafosse précise que les effectifs de la police métropolitaine des transports seront augmentés dans la deuxième partie du mandat, passant d'environ 70 agents à davantage. Sébastien Cote mise aussi sur le futur Hôtel des Sécurités, attendu en 2029, pour « gagner encore en efficacité ». La Métropole entend poursuivre cette politique alors que le réseau doit encore s'étendre, avec pour objectif de transformer cette baisse en une amélioration durable de l'expérience des usagers.



