Le festival Alimenterre, dont le sous-titre est « notre avenir se joue dans nos assiettes », démarre ce jeudi 22 octobre à Saint-Affrique. Organisé pour la douzième année consécutive par l'association Alterna'Bio, cet événement international sur l'alimentation durable et solidaire se tient chaque année du 15 octobre au 30 novembre. Il propose une sélection de films documentaires pour informer les citoyens sur les enjeux agricoles et alimentaires en France et dans le monde. Le thème général de l'édition 2026 est « Quelle agriculture pour nourrir le monde ? ».
Un festival qui dénonce l'agro-industrie
Isabelle Gaillard, membre de la direction collégiale d'Alterna'Bio, explique : « Le festival est assez orienté pour défendre une agriculture paysanne, une agriculture familiale, et pour dénoncer tout ce qu'on appelle maintenant l'agro-industrie qui bousille nos sols, notre santé, qui accapare les terres et spécule sur les productions. » Elle ajoute : « En France, huit millions de personnes sont en insécurité alimentaire, dont 18 % sont des agriculteurs vivant sous le seuil de pauvreté. C'est flagrant dans la production bio, où beaucoup d'agriculteurs, surtout en petites structures, ont besoin du RSA pour compléter leurs revenus parce qu'ils n'ont pas le droit à la PAC et n'ont pas assez de surface. »
Les grandes thématiques de cette édition incluent l'impact des pesticides sur la perte de biodiversité, la question de l'eau et de l'élevage, la relation entre l'humain et l'animal dans l'élevage, le rôle sociétal de la restauration commerciale, la place des femmes dans l'agriculture, l'accaparement des terres, la pêche, et les solutions locales.
Des documentaires suivis de débats
Benjamin Devaux, formateur à la Cazotte, précise : « À travers ce festival, c'est aussi mettre en lumière les pratiques agricoles qui vont plutôt dans un sens de solidarité, de réflexion vertueuse. C'est amener de la discussion sur les enjeux pour les agriculteurs ainsi que les possibilités et marges de manœuvre pour les consommateurs. » Alterna'Bio a retenu plusieurs documentaires de la sélection nationale, projetés en différents lieux et souvent suivis de débats avec des acteurs locaux. Une dizaine de séances scolaires sont également programmées pour les collégiens et lycéens.
Les projections prévues incluent :
- Insecticides, comment l'agrochimie a tué les insectes (57 min), de Miyuki Droz, Sylvain Lepetit et Sébastien Sega. Depuis les années 90, 75 % de la biomasse des insectes a disparu, en cause l'utilisation massive des néonicotinoïdes.
- Au fil de l'eau, de l'insouciance à la désobéissance (52 min), de Georges Tillard, sur les sécheresses et inondations liées aux choix de développement agricole, industriel et d'aménagement du territoire depuis la Seconde Guerre mondiale.
- Ébullition (63 min), de Diego Garcia-Vega et Jaime Dezcallar, qui explore sept projets de restauration novateurs en Espagne et ailleurs.
- Être(s) vivants, interroger nos liens (45 min), d'Hélène Pineau et Valérie Bonniol, qui suit un groupe d'éleveurs accompagnés par le Civam Empreinte.
Programme des projections à Saint-Affrique
Jeudi 22 octobre à 20 h 30, au cinéma Le Moderne, projection d'Insecticides suivie d'un débat avec Philippe Piard, producteur en maraîchage et petits fruits sur le Lévézou, co-président de la coalition Secrets Toxiques. Au fil de l'eau sera projeté lundi 26 octobre à 20 h 30 à la salle vidéo de Saint-Victor, avec discussion entre participants ; mardi 10 novembre à 20 h à la salle des fêtes de Montjaux, débat avec la Confédération paysanne de l'Aveyron ; mardi 17 novembre à 18 h à la médiathèque de Saint-Affrique, débat avec Marielou Waligorsky, élue locale de Montlaur impliquée dans l'hydrologie régénérative.
Ébullition sera projeté lundi 3 novembre à 20 h à l'auberge du Viala-du-Tarn, avec débat avec Margot et Mathieu Debruyne, maraîchers bio. Être(s) vivants sera projeté lundi 9 novembre à 20 h 30 à la salle vidéo de Saint-Victor, avec échanges entre participants, et jeudi 12 novembre à 19 h 30 à l'amphithéâtre du lycée agricole de la Cazotte, avec débat avec Jacques Alvernhe, consultant en solutions paysannes d'abattage. La participation est libre, sauf au Moderne. Le festival se poursuit jusqu'au 30 novembre, avec pour objectif de sensibiliser le public aux enjeux agricoles et alimentaires mondiaux.