La saga Vendredi 13 s'enrichit d'un nouveau chapitre avec Crystal Lake, une série horrifique diffusée sur HBO Max. Après douze longs-métrages déclinés de 1980 à 2009, cette préquelle revient sur les origines du tueur au masque de hockey et explore le drame familial qui a précédé ses crimes. 20 Minutes s'est plongé dans les eaux troubles de cette nouvelle production.
Un enfant au crâne déformé
Dès le premier épisode, la série établit un fait central : le petit Jason, âgé de 11 ans, souffrait d'une maladie rare, probablement une hydrocéphalie, un excès de liquide dans le crâne pouvant déformer la tête. Avant sa noyade dans les eaux du camp de vacances Crystal Lake, l'enfant au physique ingrat est la cible des moqueries de ses camarades. Sa mère, Pam, l'accompagne d'un amour inconditionnel, posant ainsi les bases du récit.
La série montre également dès le début que la maman de Jason possède un redoutable instinct de survie. Quelques mois après la noyade de son fils, lorsque deux inconnus se faisant passer pour des policiers frappent à sa porte, elle ne se laisse pas duper. L'horreur peut alors se déchaîner.
Un récit aux ramifications tentaculaires
En tant que préquelle revendiquée de la saga Vendredi 13, Crystal Lake doit composer avec un héritage dense : les nombreux longs-métrages, dès 1980 pour le premier, ont gravé le nom de Jason Vorhees dans l'histoire du cinéma horrifique. À cette époque, les slashers proliféraient au cinéma et en VHS, avec des titres comme Vendredi 13, Le bal de l'horreur, Maniac, Halloween ou Les griffes de la nuit, laissant des traces indélébiles sur toute une génération de cinéphiles.
Avec Vendredi 13 en 1980, le scénariste Victor Miller, récemment disparu, et le réalisateur Sean S. Cunningham plantaient le décor d'un récit aux ramifications tentaculaires. L'histoire se déroule au camp de Crystal Lake, où des années plus tôt s'est noyé le jeune Jason, la faute aux moniteurs qui batifolaient dans une grange au lieu de surveiller les enfants. Tandis que le camp rouvre pour une saison, les meurtres d'animateurs se multiplient. C'est dans cette brèche temporelle, entre la mort de Jason et le premier film, que s'engouffre la préquelle d'HBO Max.
Un drame familial à couper au couteau
En visionnant les huit épisodes d'environ une heure chacun, on s'affranchit rapidement des films originaux. Aux commandes, Brad Caleb Kane, connu pour la série préquelle de Ça, se concentre sur Pam, la mère de Jason, interprétée par Linda Cardellini à l'écran. La série met en avant son expertise dans le maniement des objets tranchants, mais se détache tout aussi vite de son modèle. Le passé du petit Jason irrigue la narration, plaçant le drame familial au cœur de l'intrigue plutôt que la machine à tuer.
Cependant, Crystal Lake conserve un aspect essentiel de l'ADN des vieux Vendredi 13 : l'horreur. Les années 1980 étaient celles du cinéma gore aux effets spéciaux sanglants, et la série leur rend un vibrant hommage. Les scènes visuellement hyper explicites sont nombreuses et ne ménagent pas le spectateur : gueules défoncées à coups de machette, cadavres suintant d'hémoglobine. Les âmes sensibles sont invitées à s'abstenir.
Au final, Crystal Lake peut se visionner sans référence véritable à ses origines, même si, à l'issue du dernier épisode, on ressortirait bien le magnétoscope du garage pour se retaper le premier film de la saga, afin de vérifier si cela correspond. Face à cette énième résurrection, après le film Jason X de 2001 qui envoyait le meurtrier dans le futur à bord d'un vaisseau spatial, la série étire un peu trop son récit. Comme certains de ses personnages charcutés, elle aurait mérité de voir certaines de ses longueurs élaguées. Reste que Jason est toujours vivant : comme son héros, la licence Vendredi 13 ne meurt jamais.