La Compagnie Créole, groupe emblématique de la musique antillaise, a fêté ses 50 ans de carrière lors d'un concert à La Garde, mercredi soir. Interrogés par Nice-Matin, les membres du groupe ont livré un message de positivité : « Soyez heureux, ne vous laissez pas abattre, parce qu'en fait, la vie est belle. »
Un demi-siècle de tubes et de fidélité
Depuis ses débuts en 1976, La Compagnie Créole a enchaîné les succès : « C'est bon pour le moral », « Vive le douanier Rousseau », « Ça fait rire les oiseaux », « Bons baisers de Fort de France », « Le Bal masqué », « Ba Moin En Ti Bo », « La Machine à danser », « Ma première biguine partie ». Le groupe, originaire de Guyane, de Martinique et de Guadeloupe, s'est imposé comme ambassadeur des musiques antillaises et caribéennes.
Pour cet anniversaire, Clémence Bringtown et Julien Tarquin, membres historiques, sont toujours présents. La formation a évolué, marquée par les disparitions de José Sébéloué et Guy Bévert, mais accueille désormais Joanna Bringtown, fille de Clémence, et Charly.
Une tournée qui traverse les générations
Clémence Bringtown se réjouit : « Ça fait plaisir de voir que le public est toujours fidèle et qu'il s'est renouvelé. Maintenant, en concert, il y a tous les âges. » Joanna Bringtown, membre depuis 2002, ajoute : « C'est impressionnant de voir une carrière pareille. C'est vrai qu'il y en a deux qui ne sont plus là, ils sont partis… Mais de là-haut, ils voient le cheminement, ils seraient fiers. »
Après des dates à Rognac, Agde, Carcassonne et Tarascon, La Garde était la dernière étape dans le Sud avant la Bretagne. Le groupe poursuivra ensuite au Canada, où il est particulièrement apprécié. Julien Tarquin note : « Au Québec, La machine à danser est devenue une sorte d'hymne nationale ! »
La scène, une source de motivation et d'hommage
Interrogés sur ce qui les motive encore après 50 ans, les membres évoquent la cassure provoquée par le départ de José Sébéloué. Clémence Bringtown explique : « Ça nous a déstabilisés. Il nous manquait, pas seulement artistiquement, humainement aussi, parce que depuis l'origine, il est avec nous. Et là, on s'est rendu compte, avec le public, qu'il avait besoin de nous et que nous aussi, on avait besoin de lui. » Joanna Bringtown ajoute : « Monter sur scène, c'est leur rendre hommage et leur dire merci à chaque fois. Ils n'auraient jamais voulu qu'on arrête. »
Le groupe privilégie certains titres en concert, comme « Santa Maria » ou « Ça fait rire les oiseaux ». Clémence précise : « Chaque fois qu'on les joue, il faut le faire comme si c'était la première fois. Sinon, le public le ressent direct. » Julien Tarquin souligne la difficulté de choisir : « On est obligé de sélectionner les préférés du moment… »
Un message de joie et de résilience
Pour La Compagnie Créole, la scène reste un bonheur inégalé. Joanna affirme : « Quand on fait ce métier, chaque fois qu'on monte sur scène, ça ne peut être que du bonheur. On ne casse pas des cailloux, on fait de la musique, du partage, on donne, on reçoit. » Clémence renchérit : « On a une mission : partager le bonheur et la joie de vivre. »
Leur conseil au public, ancien comme nouveau, est clair : « Qu'on les aime. Tous. Et qu'on veut continuer à avoir cet amour entre le public et nous », dit Julien. Joanna insiste : « Le message qu'on a toujours fait passer, c'est la bonne humeur, la joie, de jamais lâcher. En ce moment, plus que jamais et vu ce qui nous attend après, il faut s'accrocher à ce genre de message. Écouter La Compagnie Créole, ça ne peut faire que du bien. »



