Les associations Big Dog Ranch Rescue et le Center for a Humane Economy ont annoncé, mercredi 6 mai, avoir conclu un accord confidentiel avec l'entreprise d'élevage et de recherche canine Ridglan Farms, située dans le Wisconsin, pour racheter 1 500 beagles destinés à la recherche biomédicale. Ce compromis met fin à près d'un mois de tensions très médiatisées entre militants et forces de l'ordre.
Un accord salué comme une grande victoire
« C'est une très grande victoire et je suis ravie de sortir ces chiens et de les placer dans des foyers aimants », a déclaré Lauree Simmons, présidente et fondatrice de Big Dog Ranch Rescue, à l'Associated Press. Les 1 500 beagles ont été transportés vers des établissements partenaires ainsi que vers les installations de l'association en Floride et en Alabama. Ils seront examinés par un vétérinaire, identifiés par puce électronique et vaccinés en vue de leur adoption. Le chemin est encore long : « Ces chiens doivent apprendre à marcher en laisse, à vivre dans un environnement domestique, à être propres », a ajouté Mme Simmons.
Que deviennent les 500 beagles restants ?
Ni les associations ni l'entreprise n'ont précisé le sort des 500 beagles encore présents chez Ridglan Farms. Le montant du rachat n'a pas été divulgué.
Des affrontements entre militants et police
Environ 1 000 militants venus de tout le pays s'étaient rendus à Ridglan Farms le 18 avril pour tenter de s'emparer des beagles. Dans des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, on voit la police les repousser à l'aide de gaz lacrymogène et de flash-balls. Ridglan Farms avait qualifié ces militants de « foule violente » ayant lancé « un assaut contre un centre de recherche agréé par le gouvernement fédéral ». En mars, des militants s'étaient déjà introduits dans l'établissement et étaient repartis avec 30 beagles.
Des violations des normes vétérinaires
En octobre dernier, Ridglan Farms avait été contraint de renoncer à sa licence d'élevage d'État pour éviter des poursuites pour maltraitance animale. L'entreprise a nié les faits, mais un procureur spécial a déterminé qu'elle pratiquait sur les chiens des procédures oculaires violant les normes vétérinaires de l'État.
Les beagles, cobayes idéaux en France aussi
En France, plusieurs milliers de chiens sont utilisés chaque année dans la recherche scientifique, presque exclusivement des beagles. Leur taille moyenne et leur docilité en font, aux yeux des chercheurs, le cobaye idéal. Cette affaire relance le débat sur l'utilisation des animaux en laboratoire et les conditions d'élevage.



